En tant que demandeur d’emploi, un arrêt maladie suspend vos allocations chômage (ARE) au profit des indemnités journalières (IJ) versées par la Sécurité sociale. Ces IJ sont calculées sur vos anciens salaires — et non sur votre ARE — et représentent 50 % de votre salaire journalier de référence, plafonné à 41,95 € brut par jour en 2026. Dans la grande majorité des cas, on perçoit moins en arrêt maladie qu’au chômage. La bonne nouvelle : votre période d’indemnisation chômage est prolongée d’autant de jours que dure l’arrêt.

Conditions, démarches, calcul des IJ, comparaison ARE vs IJ et conséquences sur vos droits : tout comprendre sur le chômage et l’arrêt maladie.

✔ Contenu vérifié par Séverine Burel, experte en accompagnement des usagers et décryptage des droits sociaux.


Conditions pour percevoir des indemnités journalières en étant au chômage

Si vous êtes demandeur d’emploi et qu’un médecin vous prescrit un arrêt maladie, vous pouvez percevoir des indemnités journalières (IJ) versées par votre caisse d’assurance maladie (CPAM ou MSA) dans deux situations :

    • Vous bénéficiez d’allocations chômage (ARE) au moment de l’arrêt
    • Vous n’êtes plus indemnisé, mais vous l’avez été au cours des 12 derniers mois, OU vous avez cessé votre activité salariée depuis moins de 12 mois

Si vous n’êtes dans aucune de ces situations, vous ne pouvez bénéficier que des prestations en nature de l’Assurance maladie (remboursement de soins), mais pas des indemnités journalières.

 

Démarches à effectuer lors d’un arrêt maladie au chômage

En cas d’arrêt maladie prescrit par votre médecin, vous devez prendre rendez-vous à France Travail et votre caisse d’assurance maladie (texte en vigueur sur Légifrance).

    • France Travail : vous disposez d’un délai de 72 heures à compter de la date du certificat médical ou du début de l’arrêt pour prévenir votre agence. Vous pouvez le faire via votre espace personnel en ligne, par téléphone ou en agence (voir comment contacter France Travail).
    • Caisse d’assurance maladie (CPAM/MSA) : vous disposez d’un délai de 48 heures à compter de la remise du certificat médical pour le lui transmettre.

Vous devez également faire parvenir à la CPAM la notification d’admission à l’allocation chômage ainsi que votre dernière attestation de versement.

Point important : si la durée de votre arrêt maladie est supérieure à 15 jours, France Travail considère que vous n’êtes plus disponible pour travailler. Vos paiements ARE sont interrompus, mais vous pouvez maintenir votre inscription à France Travail. À la fin de l’arrêt, vous devez vous réinscrire dans les 5 jours pour que l’indemnisation reprenne automatiquement.

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Que se passe-t-il si on ne déclare pas son arrêt maladie à France Travail ?

Ne pas déclarer son arrêt maladie à France Travail est une erreur aux conséquences sérieuses. Voici ce que vous risquez :

    • Remboursement des ARE versées à tort : si vous continuez à percevoir l’ARE pendant votre arrêt sans le déclarer, ces sommes constituent un trop-perçu que France Travail peut vous réclamer, avec pénalités en cas de fraude caractérisée.
    • Sanctions : ne pas déclarer un changement de situation est un manquement à vos obligations de demandeur d’emploi. France Travail peut prononcer une radiation temporaire ou une suspension d’allocations.
    • Perte de vos IJ : vos indemnités journalières ne seront pas versées (ou tardivement) tant que vous n’aurez pas régularisé la situation auprès de la CPAM et de France Travail.
    • Risque de perte d’inscription : en cas d’arrêt de 15 jours ou plus, si vous ne signalez pas la fin de l’arrêt et ne vous réinscrivez pas dans les 5 jours, votre inscription est perdue et l’ARE ne reprend pas automatiquement.

Bon à savoir : le droit à l’erreur s’applique pour une première omission non intentionnelle. Si vous avez oublié de déclarer votre arrêt, régularisez la situation le plus rapidement possible auprès de France Travail et de la CPAM pour limiter les conséquences.

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Séverine Burel

Notre conseil
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
La double déclaration — France Travail ET la CPAM — est souvent oubliée. Beaucoup de demandeurs d’emploi pensent qu’il suffit d’envoyer l’arrêt à la CPAM. Sans la déclaration à France Travail dans les 72 heures, vous restez officiellement “disponible” pour travailler alors que vous êtes en arrêt, ce qui peut déclencher un trop-perçu et une procédure de recouvrement. Les deux démarches sont indispensables et doivent être faites simultanément.

 

Comment sont calculées les IJ pendant un arrêt maladie au chômage ?

Pendant votre arrêt maladie, ce n’est plus France Travail qui vous indemnise, mais la Sécurité sociale. Le calcul des indemnités journalières est effectué à partir de vos derniers salaires, et non de votre allocation chômage.

 

La méthode de calcul des IJ

Le montant de l’IJ est égal à 50 % de votre salaire journalier de référence (SJR). Ce SJR est calculé à partir de :

    • La moyenne des salaires bruts des 3 derniers mois précédant l’arrêt (divisée par 91,25)
    • Ou la moyenne des salaires bruts des 12 derniers mois en cas d’activité non continue

Exemple :

Vous perceviez un salaire de 80 € par jour : l’indemnité journalière sera égale à 40 € brut par jour.

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Attention : la prise en compte de vos revenus est plafonnée à 1,4 fois le SMIC mensuel, soit 2 552,25 € en 2026. Votre indemnité journalière sera donc au maximum de 41,95 € brut par jour en 2026.

 

Le délai de carence applicable

Si vous remplissez les conditions pour percevoir les IJ, celles-ci vous seront versées au terme d’un délai de carence CPAM de 3 jours. Les indemnités vous sont donc dues à partir du 4e jour d’arrêt.

Toutefois, ce délai de carence ne s’applique pas dans deux cas :

    • Vous avez repris votre activité moins de 48 heures avant votre deuxième arrêt de travail
    • Vous êtes en ALD (affection de longue durée) et votre arrêt est directement lié à cette maladie (le délai de carence ne s’applique que pour le premier arrêt)

Bon à savoir : vous percevrez vos indemnités en moyenne tous les 14 jours. Pour en savoir plus sur les modalités de versement, consultez le site ameli.fr.

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Gagne-t-on plus au chômage ou en arrêt maladie ?

C’est la question que se posent le plus souvent les demandeurs d’emploi malades. La réponse est claire : dans la grande majorité des cas, on perçoit moins en arrêt maladie (IJ) qu’au chômage (ARE).

Voici pourquoi :

    • L’ARE représente entre 57 % et 75 % de votre salaire journalier de référence (avec un minimum de 32,13 €/jour en 2026)
    • Les IJ maladie ne représentent que 50 % de votre salaire journalier de base, plafonnées à 41,95 €/jour en 2026
    • De plus, les IJ sont calculées sur vos anciens salaires bruts, pas sur votre ARE. Si votre salaire antérieur était peu élevé, vos IJ seront encore plus faibles

Exemple comparatif :

Sophie percevait un salaire brut de 2 200 €/mois avant son licenciement. Son SJR (ARE) = 2 200 × 12 / 365 = 72,33 €/jour.

    • ARE : 72,33 × 57 % = 41,23 €/jour (ou 72,33 × 40,4 % + 13,18 € = 42,40 €/jour, soit environ 1 272 €/mois)
    • IJ maladie : 2 200 / 30,42 = 72,32 €/jour × 50 % = 36,16 €/jour, soit environ 1 085 €/mois

Résultat : Sophie perd environ 187 €/mois en passant de l’ARE aux IJ maladie.

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Exception : pour les très faibles revenus antérieurs proches du SMIC, l’ARE plancher (32,13 €/jour minimum) peut parfois être moins avantageuse que les IJ si le salaire antérieur était élevé. Dans ce cas, consultez notre article sur le calcul du montant de l’ARE pour comparer.

ARE vs IJ maladie : comparaison des indemnisations

ARE (chômage)
57 % du SJR
ou 40,4 % + 13,18 €/j

Plancher : 32,13 €/j · Plafond : 75 % du SJR
IJ maladie
50 % du SJR
calculé sur vos anciens salaires

Plafond : 41,95 €/j (2026) · Délai carence : 3 jours

💡 Dans la grande majorité des cas, l’ARE est plus avantageuse que les IJ maladie. En revanche, la durée de chômage est prolongée d’autant de jours que dure l’arrêt.

Démarches : déclarer l’arrêt à France Travail dans les 72h et à la CPAM dans les 48h

aide-sociale.fr

 

Conséquences de l’arrêt maladie sur vos droits au chômage

Durant votre période d’arrêt maladie, vos allocations chômage cessent au profit des IJ. En contrepartie, votre période d’indemnisation chômage est prolongée d’autant de jours que dure l’arrêt.

Exemple :

Justine s’est inscrite à France Travail le 01/05/2026. Elle bénéficie d’une indemnisation de 182 jours, soit jusqu’au 30/11/2026. Le 15/06/2026, elle est en arrêt maladie pendant 15 jours, soit jusqu’au 30/06/2026.

Du 15/06 au 30/06 (15 jours), Justine ne perçoit plus d’ARE mais des IJ versées par la CPAM. Sa période de chômage est prolongée de 15 jours : elle percevra l’ARE jusqu’au 15 décembre 2026 au lieu du 30 novembre.

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Que se passe-t-il si l’arrêt maladie dépasse la durée des droits au chômage ?

Vos droits ARE sont gelés et reportés pendant toute la durée de l’arrêt maladie. Si l’arrêt maladie se prolonge au-delà de la date théorique d’épuisement de vos droits, les IJ continuent d’être versées par la CPAM indépendamment, tant que vous remplissez les conditions médicales et d’affiliation.

À la fin de l’arrêt, si vous aviez encore un reliquat de droits ARE, vous pouvez vous réinscrire à France Travail et reprendre l’indemnisation pour le reliquat restant. Si vos droits ARE étaient épuisés, d’autres dispositifs peuvent prendre le relais : consultez notre guide sur la fin de droits chômage.

Sachez qu’il est également possible de prendre des vacances en étant au chômage, avec les démarches adaptées auprès de France Travail.

 

Questions fréquentes sur le chômage et l’arrêt maladie

Voici les questions les plus posées sur l’articulation entre arrêt maladie et chômage.

 

Gagne-t-on plus au chômage ou en arrêt maladie ?

Dans la grande majorité des cas, on gagne plus au chômage (ARE) qu’en arrêt maladie (IJ). L’ARE représente 57 % à 75 % du salaire journalier de référence, tandis que les IJ maladie ne représentent que 50 % du salaire journalier de base, plafonnées à 41,95 €/jour en 2026. En revanche, l’arrêt prolonge la durée d’indemnisation chômage.

 

L’arrêt maladie est-il pris en compte pour le calcul du chômage ?

Oui, indirectement. Si vous avez eu des périodes d’arrêt maladie avant de vous inscrire à France Travail, votre SJR (salaire journalier de référence) peut être recalculé à la hausse pour ne pas pénaliser votre allocation. C’est le mécanisme de reconstitution de salaire : signalez ces périodes à France Travail avec les justificatifs de votre CPAM.

 

Que se passe-t-il si on oublie de déclarer son arrêt maladie à France Travail ?

Vous risquez un remboursement des ARE perçues à tort (trop-perçu), des sanctions pouvant aller jusqu’à la radiation, et la perte de vos indemnités journalières. Le droit à l’erreur s’applique pour une première omission non intentionnelle. En cas d’oubli, régularisez la situation le plus rapidement possible auprès de France Travail et de la CPAM.

 

Peut-on être en arrêt maladie et au chômage en même temps ?

Non, pas simultanément. L’arrêt maladie suspend vos allocations chômage : pendant l’arrêt, c’est la CPAM qui vous indemnise via les IJ. Vous restez inscrit à France Travail (si l’arrêt est inférieur à 15 jours) ou pouvez maintenir votre inscription (si l’arrêt est supérieur à 15 jours), mais les deux indemnisations ne se cumulent pas.

 

Combien de temps peut durer un arrêt maladie quand on est au chômage ?

Il n’y a pas de durée maximale légale spécifique aux demandeurs d’emploi. Les IJ peuvent être versées pendant toute la durée médicalement justifiée, sous réserve de remplir les conditions d’affiliation à la Sécurité sociale. Pendant tout ce temps, votre période d’indemnisation chômage est suspendue et reportée, ce qui prolonge d’autant vos droits ARE.


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