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Congé pour enfant malade : qui peut en bénéficier ?
Tout parent exerçant une activité professionnelle peut être amené à rester auprès de son enfant malade ou accidenté. Le congé pour enfant malade est encadré par le Code du travail (article L 1225-61) pour le secteur privé, et par des textes spécifiques pour la fonction publique.
Conditions pour bénéficier du congé enfant malade dans le privé
Le congé pour enfant malade dans le secteur privé est ouvert à tous les salariés — CDI, CDD, intérimaires, apprentis — sans condition d’ancienneté, dès lors qu’ils assument la charge d’un enfant de moins de 16 ans malade ou accidenté. L’employeur ne peut pas refuser ce congé si le salarié n’a pas épuisé ses droits annuels.
Conditions pour bénéficier du congé enfant malade dans la fonction publique
Les fonctionnaires et agents contractuels des trois fonctions publiques (État, territoriale, hospitalière) peuvent bénéficier d’une autorisation d’absence pour garder un enfant malade ou accidenté, ou qui ne peut être accueilli dans sa structure habituelle. L’enfant doit avoir moins de 16 ans, ou être en situation de handicap sans limite d’âge.
Combien de jours pour un congé enfant malade ?
La durée du congé pour enfant malade varie selon votre statut et votre situation familiale.
Durée du congé enfant malade dans le secteur privé
Le Code du travail prévoit une durée maximale de 3 jours par an, tous enfants confondus. Cette durée est portée à 5 jours par an dans deux situations :
- L’enfant malade ou accidenté est âgé de moins d’un an ;
- Le salarié a au moins 3 enfants de moins de 16 ans à charge.
Les jours peuvent être fractionnés en demi-journées. Aucun report n’est possible d’une année sur l’autre.
Ces durées constituent un plancher légal : votre convention collective peut prévoir des droits plus favorables (5, 7, voire 10 jours ou plus). Vérifiez le code IDCC (un code à 4 chiffres) sur votre bulletin de paie pour identifier votre convention et consulter les clauses applicables.
Durée des autorisations d’absence dans la fonction publique
Les jours sont décomptés par année civile (1er janvier au 31 décembre) et varient selon votre situation maritale et votre temps de travail :
- Vous vivez seul(e) à temps plein : (2 × nombre de jours travaillés par semaine) + 2 jours. Exemple : 5 jours/semaine → 12 jours par an, portés à 15 en cas d’absence continue.
- Vous vivez seul(e) à temps partiel : [(2 × jours travaillés/semaine à temps plein) + 2] × quotité de travail.
- En couple avec un agent public : (1 × jours travaillés/semaine) + 1 jour pour chaque parent, ajusté selon la quotité de travail.
- En couple, conjoint demandeur d’emploi ou sans autorisation d’absence : vous bénéficiez du régime du parent seul, soit (2 × jours travaillés/semaine) + 2 jours.
- En couple, conjoint avec moins de jours que vous : [(2 × jours travaillés/semaine) + 2] − jours d’autorisation du conjoint.
Quel justificatif fournir pour un congé enfant malade ?
Pour justifier votre absence, vous devez consulter un médecin qui délivrera un certificat médical attestant la maladie ou l’accident de l’enfant et la nécessité qu’il reste à domicile. Ce document doit être transmis à votre employeur le plus rapidement possible.
Évolution à surveiller : une proposition de loi adoptée au Sénat en 2023 envisage de remplacer le certificat médical par une simple attestation sur l’honneur pour les congés enfant malade. Cette mesure n’est pas encore entrée en vigueur en 2026 : le certificat médical reste donc exigible à ce jour.
Est-on payé pendant un congé pour enfant malade ?
C’est la question que se posent la plupart des parents. La réponse dépend de votre statut.
Dans le secteur privé : en principe non rémunéré
La loi ne prévoit aucune rémunération pendant un congé pour enfant malade dans le secteur privé. Il s’agit d’une suspension du contrat de travail : ni l’employeur ni la Sécurité sociale ne versent d’indemnité.
Trois exceptions permettent toutefois d’être indemnisé :
- Votre convention collective prévoit un maintien de salaire total ou partiel — c’est fréquent dans de nombreux secteurs (métallurgie, banque, grande distribution…).
- Un accord d’entreprise prévoit une indemnisation spécifique.
- Alsace-Moselle : le régime local impose un maintien de salaire pour les absences de durée relativement courte pour garde d’enfant malade.
Dans la fonction publique : rémunéré à 100 %
Dans la fonction publique, les autorisations d’absence pour garde d’enfant malade sont indemnisées à 100 % du traitement, dans la limite des droits annuels, si les nécessités de service le permettent.
Congé enfant malade et maladie grave : quels dispositifs complémentaires ?
Lorsque l’état de santé de l’enfant est particulièrement sérieux, les 3 ou 5 jours légaux ne suffisent pas. D’autres dispositifs prennent le relai.
Le congé de présence parentale et l’AJPP
Si votre enfant est atteint d’une maladie grave, d’un handicap ou d’un accident d’une particulière gravité nécessitant votre présence soutenue, vous pouvez bénéficier du congé de présence parentale, ouvert aux salariés du privé comme aux agents publics.
- Durée : jusqu’à 310 jours ouvrés sur une période de 3 ans par enfant, portés à 620 jours dans certains cas graves.
- Justificatif : certificat médical détaillé établi par le médecin spécialiste.
- Délai : demande à l’employeur au moins 15 jours avant le début du congé, sauf urgence.
- Indemnisation : l’employeur ne maintient pas le salaire, mais vous pouvez percevoir l’allocation journalière de présence parentale (AJPP) versée par la CAF, qui compense partiellement la perte de revenus.
Que faire si les jours de congé enfant malade sont épuisés ?
Si vous avez consommé vos 3 ou 5 jours légaux et que votre enfant est toujours malade, plusieurs solutions s’offrent à vous :
- Poser des congés payés ou des RTT avec l’accord de votre employeur.
- Télétravailler si votre poste le permet et que votre employeur l’accepte.
- Vérifier votre convention collective : elle peut prévoir des jours supplémentaires, parfois non rémunérés, dédiés à la garde d’enfant malade.
- Solliciter un congé de présence parentale si la pathologie de l’enfant est reconnue comme grave par un médecin spécialiste.
Questions fréquentes sur le congé pour enfant malade
Vous trouverez ci-dessous les réponses aux questions les plus posées, au-delà des points traités dans ce guide.
Peut-on avoir un arrêt de travail pour enfant malade ?
Non, un médecin ne peut pas prescrire un arrêt de travail à un parent pour garder son enfant malade. L’arrêt de travail est réservé à l’incapacité personnelle du salarié. Le dispositif adapté est le congé pour enfant malade (3 ou 5 jours selon le cas), ou le congé de présence parentale en cas de maladie grave.
L’employeur peut-il refuser un congé pour enfant malade ?
Non. Dès lors que le salarié n’a pas épuisé ses droits annuels et fournit un certificat médical, l’employeur est tenu d’accorder le congé. Un refus constitue une violation du Code du travail. En revanche, l’employeur peut exiger que le certificat soit transmis rapidement.
Que faire si les jours de congé enfant malade sont épuisés ?
Plusieurs options existent : poser des congés payés ou des RTT, demander à télétravailler avec l’accord de l’employeur, ou, si la maladie de l’enfant est grave, solliciter un congé de présence parentale. Certaines conventions collectives prévoient également des jours supplémentaires non rémunérés pour enfant malade.
Le congé pour enfant malade s’applique-t-il en cas d’hospitalisation ?
Oui. Le congé pour enfant malade couvre aussi les hospitalisations. Si l’état de santé nécessite une présence prolongée à l’hôpital, le congé de présence parentale peut prendre le relai, accompagné de l’AJPP versée par la CAF pour compenser la perte de revenus.
Les deux parents peuvent-ils prendre le congé enfant malade en même temps ?
Non. Dans le secteur privé, la durée légale (3 ou 5 jours) est accordée par salarié. Les deux parents peuvent donc théoriquement prendre chacun leurs jours, mais pas simultanément pour le même enfant si leur convention collective ne le prévoit pas. Dans la fonction publique, les jours sont répartis entre les deux parents selon leur situation.
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Crédit photo : © Rido / Adobe

Rédactrice sur Aide-Sociale.fr depuis 2018, je mets au service du site une double expertise acquise comme professeure dans l’enseignement spécialisé et élue syndicaliste du personnel. Mon engagement auprès des personnes en situation de vulnérabilité m’a permis de comprendre de l’intérieur les difficultés d’accès aux droits sociaux. J’ai rédigé plus de 185 articles pour rendre les démarches administratives accessibles à tous.
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