SOMMAIRE
Qu’est-ce que le Prêt Avance Rénovation ?
Le Prêt Avance Rénovation (PAR) est un prêt bancaire garanti par une hypothèque sur votre résidence principale et par une garantie publique couvrant 75 % du montant emprunté.
Contrairement à un crédit classique :
- il n’y a pas de remboursement mensuel du capital ;
- le prêt est remboursé en une seule fois, lors de la vente du bien ou au moment de la succession ;
- selon le contrat, les intérêts peuvent être payés au fil de l’eau ou ajoutés au capital.
Depuis juin 2024, le PAR “classique” n’est plus soumis à des conditions de ressources. En revanche, sa version renforcée — le PAR+ — reste réservée aux ménages modestes et très modestes.
Bon à savoir : le PAR est un prêt bancaire. Les conditions exactes (frais, assurance éventuelle, ancienneté du logement…) peuvent varier selon les établissements.
Le PAR+ : un prêt avance rénovation à taux zéro pendant 10 ans
Le PAR+ est aujourd’hui la forme la plus recherchée du prêt avance rénovation.
Sa particularité : les intérêts sont pris en charge par l’État pendant les 10 premières années. Concrètement, cela signifie que vous ne payez ni capital ni intérêts pendant cette période.
Au-delà de 10 ans, les intérêts peuvent s’appliquer selon les modalités prévues au contrat, mais le remboursement du capital reste différé jusqu’à la vente ou la succession.
Conditions d’accès au PAR+ en 2026
- Être propriétaire occupant de sa résidence principale ;
- Le logement doit être achevé depuis plus de 2 ans ;
- Les travaux doivent viser une amélioration réelle de la performance énergétique du logement (souvent vérifiée via un audit / un projet cohérent) ;
- Le chantier doit être réalisé par un professionnel RGE ;
- Les ressources du ménage doivent respecter les plafonds modestes (Jaune) ou très modestes (Bleu) de l’Anah.
Les plafonds de ressources ont été revalorisés au 1er janvier 2026. Il est donc important de vérifier votre éligibilité avant de déposer un dossier.
Les plafonds sont déterminés en fonction du revenu fiscal de référence du foyer (indiqué sur votre dernier avis d’imposition) et du nombre de personnes composant le ménage. Les montants diffèrent selon que le logement est situé en Île-de-France ou dans les autres régions.
Plafonds de ressources en Île-de-France :
| Composition du foyer | Bleu (très modestes) | Jaune (modestes) |
|---|---|---|
| 1 | Moins de 24 031 € | De 24 032 € à 29 253 € |
| 2 | Moins de 35 270 € | De 35 271 € à 42 933 € |
| 3 | Moins de 42 357 € | De 42 358 € à 51 564 € |
| 4 | Moins de 49 455 € | De 49 456 € à 60 208 € |
| 5 | Moins de 56 580 € | De 56 581 € à 68 877 € |
| Par personne supplémentaire | + 7 116 € | + 8 663 € |
Plafonds de ressources dans les autres régions :
| Composition du foyer | Bleu (très modestes) | Jaune (modestes) |
|---|---|---|
| 1 | Moins de 17 363 € | De 17 364 € à 22 259 € |
| 2 | Moins de 25 393 € | De 25 394 € à 32 553 € |
| 3 | Moins de 30 540 € | De 30 541 € à 39 148 € |
| 4 | Moins de 35 676 € | De 35 677 € à 45 735 € |
| 5 | Moins de 40 835 € | De 40 836 € à 52 348 € |
| Par personne supplémentaire | + 5 151 € | + 6 598 € |
Ces plafonds sont révisés régulièrement. Pour éviter toute erreur, vérifiez toujours les montants applicables au moment du dépôt de votre demande.
Une fois votre éligibilité confirmée, le PAR+ n’a pas vocation à financer l’intégralité du projet seul. Il intervient généralement en complément des aides à la rénovation énergétique, afin de couvrir le reste à charge après subventions.
C’est ce cumul qui permet, dans certains cas, de rendre un projet de rénovation global financièrement accessible.
Le PAR+ est cumulable avec :
En pratique, le prêt avance rénovation vient financer le reste à charge après déduction des aides.
Quelles différences entre le PAR et le PAR+ ?
On parle souvent du prêt avance rénovation comme d’un dispositif unique. En réalité, il existe deux versions : le PAR classique et le PAR+. Si leur mécanisme de remboursement est identique (remboursement à la vente ou lors de la succession), leur logique d’accès et leur coût réel diffèrent sensiblement.
Le PAR classique n’est plus soumis à des conditions de ressources depuis 2024. Il peut donc être mobilisé par tout propriétaire occupant souhaitant différer le remboursement de ses travaux. En revanche, les intérêts restent à la charge de l’emprunteur.
Le PAR+, lui, s’adresse uniquement aux ménages modestes et très modestes. Son avantage majeur réside dans la prise en charge des intérêts par l’État pendant les 10 premières années. Pour un ménage aux revenus limités, cela peut représenter une économie substantielle.
Voici un tableau comparatif pour mieux visualiser les différences :
| Critère | PAR classique | PAR+ |
| Conditions de ressources | Aucune (depuis 2024) | Ménages modestes et très modestes (plafonds Anah) |
| Intérêts | À la charge de l’emprunteur | Pris en charge par l’État pendant 10 ans |
| Remboursement du capital | À la vente ou succession | À la vente ou succession |
| Objectif principal | Différer le remboursement | Réduire fortement le coût du financement pour les ménages modestes |
Dans la pratique, le PAR+ est aujourd’hui la version la plus intéressante lorsque l’on respecte les plafonds de ressources. Le PAR classique reste une alternative pertinente pour les propriétaires qui ne souhaitent pas alourdir leurs mensualités mais qui ne sont pas éligibles au dispositif bonifié.
Quel est le montant du prêt avance rénovation en 2026 ?
Le montant du prêt avance rénovation dépend à la fois du cadre réglementaire du dispositif et de l’analyse réalisée par la banque. Il n’existe donc pas un plafond unique applicable à toutes les situations.
Pour le PAR classique, le montant accordé est principalement déterminé par la valeur du logement hypothéqué. L’établissement bancaire procède à une estimation du bien et fixe un plafond cohérent avec cette valeur. Certaines banques appliquent également des montants minimums (souvent entre 3 000 € et 5 000 €) et des plafonds commerciaux pouvant atteindre 30 000 € ou davantage selon les profils.
Le PAR+, en revanche, est encadré par des plafonds réglementaires précis, fixés en fonction de la nature et de l’ampleur des travaux réalisés. Ces plafonds varient selon qu’il s’agit d’une action isolée, d’un bouquet de travaux, d’une rénovation globale ou de travaux d’assainissement.
Plafonds du PAR+ selon le type de travaux
Pour des travaux ponctuels de rénovation énergétique :
- 7 000 € maximum pour une action sur les parois vitrées (remplacement des fenêtres, par exemple) ;
- 15 000 € maximum pour pour une action de travaux hors parois vitrées (isolation, chauffage, eau chaude…) ;
- 25 000 € maximum pour un bouquet de 2 postes de travaux ;
- 30 000 € maximum pour un bouquet de 3 postes de travaux ou plus.
Lorsque le projet correspond à une rénovation énergétique globale permettant une amélioration significative de la performance du logement, le plafond peut atteindre 50 000 €.
Enfin, pour des travaux d’assainissement non collectif, le montant maximal du prêt est fixé à 10 000 €.
Ces montants incluent non seulement la fourniture et la pose des équipements, mais également certains frais annexes indispensables au projet (études techniques, maîtrise d’œuvre, frais liés à l’hypothèque, etc.), dans la limite prévue par le dispositif.
Il est important de préciser que ces plafonds correspondent aux montants maximums réglementaires. Le montant effectivement accordé dépendra toujours de l’analyse du dossier par la banque, de la valeur du logement et du plan de financement global.
Dans le cadre d’une rénovation globale ambitieuse, le PAR+ peut ainsi devenir un levier structurant du financement, notamment en complément de MaPrimeRénov’, des certificats d’économies d’énergie et des autres aides mobilisables.
Quels travaux peuvent être financés ?
Le prêt avance rénovation ne peut financer que des travaux de rénovation énergétique encadrés par le Code de la construction et de l’habitation. L’objectif est clair : améliorer durablement la performance énergétique du logement.
Sont notamment concernés :
- l’isolation des combles, de la toiture ou des planchers bas ;
- l’isolation des murs donnant sur l’extérieur ;
- le remplacement des fenêtres simple vitrage ;
- l’installation ou le remplacement d’un système de chauffage performant ;
- la mise en place d’un équipement utilisant une énergie renouvelable (pompe à chaleur, chauffe-eau solaire, etc.).
Dans la majorité des situations, il est conseillé d’isoler le logement avant de changer le système de chauffage. Une maison mal isolée continuera en effet à perdre de l’énergie, même avec un équipement performant.
Le recours à un professionnel RGE est obligatoire pour garantir l’éligibilité au dispositif.
Exemple concret : comment fonctionne un PAR+ en pratique ?
Imaginons un ménage occupant une maison estimée à 200 000 €.
Les travaux de rénovation énergétique s’élèvent à 30 000 €. Après mobilisation de MaPrimeRénov’ et des CEE, le reste à charge est de 12 000 €.
Le foyer souscrit alors un PAR+ de 12 000 €.
Pendant les 10 premières années :
- aucune mensualité de remboursement n’est exigée ;
- les intérêts sont pris en charge par l’État.
Douze ans plus tard, lors de la vente du logement, le capital de 12 000 € est remboursé à la banque grâce au produit de la vente.
Ce mécanisme permet d’engager des travaux sans déséquilibrer immédiatement le budget mensuel, tout en améliorant la valeur et le confort du bien.
Quelles banques proposent le prêt avance rénovation ?
Le PAR n’est pas distribué par l’ensemble des établissements bancaires. En 2026, ce sont principalement certains réseaux de :
- La Banque Postale ;
- le CIC ;
- le Crédit Mutuel.
Les conditions précises peuvent varier selon les établissements : montant minimum du prêt, ancienneté du logement, modalités de déblocage des fonds ou frais liés à l’hypothèque.
Il est donc recommandé de solliciter directement un conseiller afin d’obtenir une simulation personnalisée et de comparer les offres.
Avantages et limites du PAR+
Le prêt avance rénovation présente plusieurs atouts majeurs. Il permet d’engager des travaux ambitieux sans supporter de mensualités de capital. Pour les ménages modestes, la prise en charge des intérêts pendant 10 ans constitue un véritable levier financier.
Il peut également être particulièrement adapté aux seniors, souvent confrontés à des refus de crédit classique en raison de leur âge.
Cependant, ce dispositif n’est pas neutre sur le plan patrimonial. L’hypothèque entraîne des frais. Le remboursement lors de la vente réduit le produit net récupéré. Enfin, dans le cadre d’une succession, le capital restant dû devra être apuré avant le partage.
Autrement dit, le PAR+ est un outil efficace, mais il doit être intégré dans une réflexion globale sur la gestion de son patrimoine immobilier.
Quelles démarches pour obtenir un prêt avance rénovation ?
L’obtention d’un prêt avance rénovation ne se fait pas en quelques clics. Comme il s’agit d’un prêt garanti par une hypothèque, la procédure est plus structurée qu’un simple crédit à la consommation.
Voici les principales étapes à prévoir.
1. Définir précisément son projet de rénovation
Avant toute demande de financement, il est recommandé de faire réaliser un diagnostic de performance énergétique (DPE) ou, mieux encore, un audit énergétique. Ces documents permettent d’identifier les travaux prioritaires et de vérifier l’éligibilité au dispositif.
Les travaux devront obligatoirement être réalisés par des professionnels RGE, condition indispensable pour bénéficier du PAR+ et des aides complémentaires.
Conseil pratique : pour constituer un dossier solide auprès de la banque, il est essentiel de disposer de devis détaillés réalisés par des professionnels RGE. Ces documents permettront d’estimer précisément le montant du reste à charge et de vérifier l’éligibilité des travaux au prêt avance rénovation.
2. Mobiliser les aides disponibles
Le prêt avance rénovation a vocation à financer le reste à charge. Il est donc essentiel, en amont, de solliciter les dispositifs auxquels vous avez droit : MaPrimeRénov’, certificats d’économies d’énergie, TVA réduite, aides locales éventuelles…
Un conseiller France Rénov’ peut vous accompagner gratuitement dans cette phase afin d’optimiser votre plan de financement.
3. Monter le dossier auprès d’une banque partenaire
Une fois le projet chiffré et les aides estimées, la demande de prêt est déposée auprès d’un établissement bancaire proposant le dispositif.
La banque analysera :
- la valeur du logement (souvent via une estimation) ;
- le montant des travaux ;
- le plan de financement global ;
- votre situation patrimoniale.
Cette étape est déterminante, car le montant accordé dépendra notamment de la valeur du bien servant de garantie.
4. Signature de l’acte hypothécaire
En cas d’accord, un acte d’hypothèque est signé chez le notaire. Cette formalité est obligatoire, puisque le prêt est garanti par le bien immobilier. Des frais notariés sont donc à prévoir.
Après signature, les fonds sont débloqués selon les modalités prévues au contrat (versement direct à l’artisan ou sur présentation de factures).
Il est conseillé de ne pas engager les travaux avant d’avoir obtenu l’accord définitif de la banque.
FAQ – Vos questions sur le prêt avance rénovation
Le prêt avance rénovation soulève souvent des interrogations, notamment sur son fonctionnement concret, son impact patrimonial ou encore son articulation avec les autres aides. Voici des réponses détaillées aux questions les plus fréquentes.
Le prêt avance rénovation est-il accessible aux seniors ?
Oui. Le dispositif a été conçu notamment pour les propriétaires âgés qui rencontrent des difficultés à obtenir un crédit classique en raison de leur âge ou de leur situation professionnelle. Comme le remboursement du capital est différé à la vente du bien ou lors de la succession, il n’y a pas de mensualités de remboursement à supporter pendant la durée de détention du logement. Cela permet d’améliorer son confort sans déséquilibrer son budget retraite.
Peut-on cumuler le PAR+ avec l’éco-prêt à taux zéro ?
Oui, le PAR+ est cumulable avec l’éco-prêt à taux zéro lorsque celui-ci ne suffit pas à couvrir l’ensemble du reste à charge des travaux. Dans la pratique, l’éco-PTZ peut financer une première partie du projet, tandis que le prêt avance rénovation vient compléter le financement. Cette combinaison est particulièrement intéressante dans le cadre d’une rénovation globale impliquant plusieurs postes de travaux.
Le prêt avance rénovation est-il réservé aux passoires thermiques ?
Non, le dispositif n’est pas strictement réservé aux logements classés F ou G au DPE. Toutefois, il est particulièrement adapté aux habitations nécessitant des travaux importants pour améliorer leur performance énergétique. Dans les faits, de nombreux bénéficiaires sont propriétaires de passoires thermiques, car le coût des travaux y est souvent plus élevé et justifie un financement différé.
Peut-on rembourser le prêt avant la vente du logement ?
Un remboursement anticipé est généralement possible, mais les conditions varient selon les établissements bancaires. Il convient de vérifier dans le contrat si des frais spécifiques s’appliquent. Même si le principe du prêt repose sur un remboursement à la vente ou à la succession, rien n’empêche l’emprunteur de solder le capital plus tôt s’il le souhaite ou s’il dispose des fonds nécessaires.
Le prêt avance rénovation a-t-il un impact sur la succession ?
Oui. Comme le prêt est garanti par une hypothèque, le capital restant dû devra être remboursé au moment de la succession avant le partage entre héritiers. Concrètement, le montant du prêt viendra en déduction de la valeur nette du bien transmis. Il est donc important d’intégrer cet élément dans une réflexion patrimoniale globale, notamment lorsque le logement constitue l’essentiel du patrimoine familial.
Crédit photo : © lianlian liang / Adobe

Depuis 2019, je dédie ma plume aux aides sociales et aux démarches administratives. Mon objectif : vous offrir un maximum d’informations, tout en vulgarisant ce que j’aime appeler « le langage Caf ». Pour que chacun puisse bénéficier des prestations auxquelles il a droit !

