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Retour volontaire : qui peut bénéficier de l’ARV en 2026 ?
L’Aide au Retour Volontaire s’adresse aux personnes de nationalité étrangère (hors Union Européenne) qui n’ont plus vocation à rester en France et qui font le choix de repartir. En 2026, les conditions d’accès ont été précisées pour mieux accompagner les publics prioritaires, notamment en réduisant la durée de séjour minimale requise. Dans les faits, ce dispositif prend souvent le relais pour les personnes dont le versement de l’Allocation aux demandeurs d’asile (ADA) a pris fin après un refus définitif.
Voici les conditions d’éligibilité en vigueur au 1er janvier 2026 :
- Condition de durée de séjour : Vous devez justifier d’une présence ininterrompue sur le territoire français depuis au moins 3 mois consécutifs (contre 6 mois dans les anciennes versions du dispositif).
- Unicité de l’aide : Vous ne devez jamais avoir bénéficié d’un dispositif d’aide au retour de l’OFII par le passé. Le système est désormais strictement contrôlé pour éviter les demandes multiples.
- Critère de nationalité : Sont exclus les ressortissants de l’Espace Économique Européen (Union Européenne, Islande, Liechtenstein, Norvège), ainsi que de Suisse, Andorre, Monaco, Saint-Marin et du Vatican.
- Votre situation administrative doit correspondre à l’un des cas suivants :
- Résider en France de manière irrégulière (sans titre de séjour valide).
- Être un demandeur d’asile ayant reçu une réponse négative (rejet définitif), ou ayant décidé de retirer sa demande avant la fin de l’instruction.
- Avoir reçu une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) en cours de validité.
Focus : L’aspect “volontaire” est fondamental. Même si vous avez reçu une OQTF, entamer une démarche de retour volontaire suspend généralement les mesures d’éloignement forcé (escorte par la police) tant que votre dossier auprès de l’OFII est actif. Cela permet de préparer votre départ sans la pression d’une interpellation imprévue.
Aide au retour : un accompagnement complet, du départ à la réinsertion
L’Aide au Retour Volontaire ne se résume pas à une simple compensation financière. Pour l’année 2026, le dispositif a été renforcé pour assurer une prise en charge globale, évitant ainsi aux bénéficiaires de se retrouver isolés lors de leur retour au pays.
Que comprend exactement le pack “Aide au retour” ?
L’accompagnement de l’OFII se décompose en trois services principaux :
- L’ingénierie administrative : Si vous n’avez plus de passeport valide, l’OFII intervient auprès de vos autorités consulaires pour obtenir un laissez-passer. Un conseiller dédié s’occupe de toutes les réservations de vols ou de transports terrestres.
- La logistique de transport : Prise en charge intégrale du billet. L’aide inclut le trajet depuis votre domicile jusqu’à l’aéroport, ainsi qu’une assistance lors de l’embarquement pour faciliter les formalités de douane.
- Le soutien financier immédiat : Une allocation forfaitaire (parfois appelée “argent de poche”) est remise au moment du départ pour couvrir vos frais urgents à l’arrivée.
- Le bonus “Document de voyage” : Si vous possédez déjà un passeport valide ou si vous effectuez vous-même les démarches consulaires, une prime supplémentaire de 150 euros peut être ajoutée.
Bon à savoir : Contrairement à une procédure d’expulsion, le retour volontaire reste confidentiel. Les autorités de votre pays d’origine ne reçoivent aucune notification concernant les conditions de votre retour. Par ailleurs, vous conservez un droit de rétractation total jusqu’à la dernière minute avant l’embarquement.
Aide au retour : quels sont les montants en 2026 ?
Le montant de l’aide financière (appelée “allocation forfaitaire incitative”) n’est pas unique. Il dépend de votre pays d’origine, mais aussi du délai dans lequel vous déposez votre demande après avoir reçu une obligation de quitter le territoire (OQTF). En 2026, on distingue deux barèmes : le barème classique et le barème majoré.
1. Barème de l’allocation forfaitaire incitative
Ce tableau s’applique par défaut à tout ressortissant étranger éligible à l’aide au retour volontaire.
| Profil du demandeur | 1er mois (Phase 1) | 2 à 4 mois (Phase 2) | + de 4 mois (Phase 3) |
|---|---|---|---|
| Ressortissant de pays tiers dispensé de visa, Biélorussie ou Kosovo | 300 € | 150 € | 0 € |
| Autre ressortissant de pays tiers (Cas général) | 1 200 € | 600 € | 400 € |
2. Barème de l’allocation forfaitaire majorée
L’Ofii peut décider, après demande du préfet, d’accorder ce montant majoré pour certaines nationalités ou situations administratives spécifiques. Attention : dans ce barème, l’aide est fortement dégressive pour les pays tiers.
| Profil du demandeur (Majoré) | 1er mois (Phase 1) | 2 à 4 mois (Phase 2) | + de 4 mois (Phase 3) |
|---|---|---|---|
| Ressortissant de pays tiers dispensé de visa, Biélorussie ou Kosovo | 500 € | 250 € | 0 € |
| Autre ressortissant de pays tiers (Cas général) | 2 500 € | 800 € | 400 € |
Le cas spécifique du Littoral Nord (Régime dérogatoire)
Pour les étrangers se trouvant dans les départements du Nord (59), du Pas-de-Calais (62), de la Somme (80), de l’Oise (60) ou de la Seine-Maritime (76) et souhaitant renoncer aux traversées de la Manche, un régime spécial s’applique sans modulation de délai :
- Allocation normale : 2 200 € par adulte.
- Allocation majorée : 3 500 € par adulte.
Allocation complémentaire : En plus de ces montants, une somme de 150 euros peut être versée si vous disposez d’un document de voyage ou si vous en assurez vous-même l’obtention.
Ofii aide au retour : la procédure de demande pas à pas
Pour entamer vos démarches, vous devez impérativement vous adresser à la direction territoriale de l’OFII compétente pour votre département de résidence.
Vous pouvez retrouver les coordonnées complètes et les horaires d’accueil de l’OFII.
- Le premier rendez-vous : Vous rencontrerez un conseiller qui analysera votre situation et calculera le montant exact de votre allocation selon votre date d’OQTF.
- Le dossier technique : Vous devrez remplir un formulaire de demande 2026 et fournir vos documents d’identité (ou photocopies).
- La préparation au départ : Une fois le billet réservé, l’OFII vous remet un plan de vol. Des interprètes sont disponibles si vous ne maîtrisez pas le français.
L’étape suivante : L’aide à la réinsertion au pays
L’aide ne s’arrête pas à la descente de l’avion. Dans plus de 25 pays, l’OFII dispose d’antennes locales pour vous aider à :
- Se loger : Aide au paiement des premiers loyers.
- Se soigner : Prise en charge de frais médicaux exceptionnels.
- Travailler : Aide à la création d’entreprise (financement de matériel, stock) pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros selon la viabilité de votre projet professionnel.
À noter : Si vous choisissez finalement de ne pas partir, d’autres dispositifs existent en France. Vous pouvez par exemple solliciter l’Aide Médicale d’État (AME) pour vos soins. Pour une régularisation, informez-vous sur les conditions d’obtention d’un titre de séjour ou sur les règles du regroupement familial, tout en sachant que ces démarches sont plus difficiles après une mesure d’éloignement.
Questions complémentaires sur le dispositif de retour 2026
L’aide au retour volontaire permet-elle d’annuler une Interdiction de Retour sur le Territoire Français (IRTF) ?
Le départ volontaire n’efface pas automatiquement l’IRTF, mais il est une condition indispensable pour en demander l’abrogation. Si vous respectez le délai de départ volontaire fixé par la préfecture et que vous passez par l’OFII, vous prouvez votre coopération. Une fois dans votre pays d’origine, vous pouvez alors déposer une demande d’annulation de votre interdiction auprès du préfet qui l’a émise, ce qui est quasiment impossible en cas d’expulsion forcée.
Les enfants mineurs bénéficient-ils également de l’allocation financière ?
Oui, le dispositif ARV 2026 est calculé par individu. Chaque enfant mineur qui accompagne ses parents bénéficie d’une part de l’allocation forfaitaire (normale ou majorée) selon le barème en vigueur. En complément, une aide à la réinsertion sociale spécifique peut être versée après l’arrivée au pays pour couvrir les frais liés à la santé des enfants ou à leur réinscription dans le système scolaire local.
Quel est l’impact du dépôt d’une demande d’aide sur l’hébergement en CADA ou HUDA ?
Pour les personnes hébergées en centre d’accueil (CADA ou HUDA), le dépôt d’un dossier complet d’aide au retour auprès de l’OFII suspend généralement la fin de la prise en charge. Cela vous permet de rester dans votre logement jusqu’au jour du départ effectif vers l’aéroport. C’est une protection importante pour éviter de se retrouver sans solution d’hébergement durant les semaines de préparation du voyage.
Est-il possible de revenir en France après avoir bénéficié de l’aide au retour ?
Bénéficier de l’aide au retour n’est pas une interdiction définitive de revenir en France. Si vous respectez les règles de départ et que vous ne faites pas l’objet d’une interdiction de territoire, vous pourrez solliciter ultérieurement un visa (travail, famille, études). En revanche, le système étant désormais centralisé au niveau européen, vous ne pourrez plus jamais demander une aide financière au retour dans aucun pays de l’espace Schengen.
Comment percevoir l’aide à la création d’entreprise une fois arrivé au pays ?
Contrairement à l’allocation de voyage versée au départ, l’aide à la réinsertion économique (niveau 3) se gère après votre retour. Vous disposez d’un délai de 6 mois après votre arrivée pour contacter le partenaire local de l’OFII. Vous devrez présenter un projet structuré (devis, plan d’activité). Si le projet est validé, l’aide financière n’est pas versée en liquide mais sert à payer directement vos fournisseurs pour l’achat de matériel professionnel.
Peut-on être soigné en France en attendant la date du voyage ?
Oui, le dépôt d’une demande d’aide au retour ne suspend pas vos droits à la santé. Si vous bénéficiez de l’Aide Médicale d’État (AME), vous pouvez continuer à consulter des médecins pour vous assurer d’être en capacité de voyager. Si vous rencontrez des difficultés d’accès aux centres médicaux avant votre départ, consultez notre dossier sur le refus de soins pour faire valoir vos droits.
Mise à jour le 26 janvier 2026. Crédit photo : © Visual Studio / Adobe

Journaliste/Rédactrice, je possède dix ans d’expériences professionnelles web et rédaction et travaille pour le site aide-sociale.fr depuis 2017. Ma connaissance fine des questions juridiques et du dispositif administratif et social en France me permet d’informer au mieux les lecteurs sur leurs droits et les démarches utiles en fonction de leur situation.
