Le plan personnalisé de compensation (PPC) est le document central élaboré par la MDPH pour mettre en œuvre le droit à compensation prévu par la loi handicap du 11 février 2005. Établi par une équipe pluridisciplinaire, il liste les aides adaptées au projet de vie de la personne concernée : PCH, AEEH, AAH, orientation scolaire ou professionnelle, aménagement du logement, carte mobilité inclusion. La demande s’effectue auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH), qui dispose d’un délai légal de 4 mois pour statuer via la CDAPH. Ce guide détaille le fonctionnement du plan personnalisé de compensation MDPH, ses bénéficiaires, les démarches à suivre et l’ensemble des prestations qu’il peut ouvrir.


Récapitulatif : le plan personnalisé de compensation

Séverine Burel
Repère légal
Délai CDAPH
4 mois max
À ne pas manquer
Délai d’observations
15 jours
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Qui l’élabore : l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH, à partir de votre projet de vie et de l’évaluation de vos besoins (guide GEVA).

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Ce qu’il peut ouvrir : PCH, AEEH, AAH, PPS, orientation professionnelle, aménagement du logement ou du poste de travail, CMI.

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Qui décide : la CDAPH, après un délai de 15 jours laissé pour vos observations sur le plan proposé.

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Mon conseil d’experte : détaillez votre projet de vie le plus précisément possible dès le dépôt du dossier. C’est sur cette base que l’équipe pluridisciplinaire construit ses propositions de compensation.

aide-sociale.fr

 

Le plan personnalisé de compensation : le droit pour l’égalité des chances

Depuis le 11 février 2005, il existe une loi dont le principe fondamental réside en trois mots : droit à compensation. Mais en quoi consiste le plan personnalisé de compensation qui figure dans cette loi handicap ?

 

Qu’est-ce que la loi handicap ?

Cette loi a pour vocation de favoriser l’égalité des chances et des droits, la participation et la citoyenneté des personnes en situation de handicap. Dans ce contexte, elle promeut le droit à compensation, c’est-à-dire qu’elle vise à compenser l’impact du handicap au quotidien.

Elle part du constat que chacun est en droit d’élaborer un projet de vie, quels que soient son handicap, son origine ou encore son mode de vie. La loi handicap répond ainsi aux attentes et besoins individuels des personnes en situation de handicap, dans le but de faciliter leur choix de vie.

La loi stipule également le principe d’accessibilité pour toutes les personnes en situation de handicap. Peu importe l’origine du handicap, qu’elle soit motrice, visuelle, auditive, mentale ou psychique, chacun doit pouvoir bénéficier des mêmes accès.

 

À qui s’adresse le PPC ?

Le plan personnalisé de compensation s’adresse aux personnes en situation de handicap. D’après la loi, le handicap représente une restriction de l’activité ou de la participation à la vie en société pour la personne touchée.

Cette limitation doit être liée à une « altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ».

La loi garantit un accès aux droits fondamentaux et à l’exercice de la citoyenneté pour toute personne handicapée. Tout doit être mis en place pour que le quotidien de ces personnes se rapproche de celui d’une personne valide.

Le PPC peut adapter autant d’éléments du quotidien que nécessaire, voire faire appel à des institutions (scolarisation, logement, formations professionnelles, etc.).

 

Quel est le rôle d’un plan de compensation du handicap ?

Lorsque la personne en situation de handicap exprime différents besoins et choix de vie, des réponses dites de compensation sont proposées.

Le plan de compensation du handicap suggère des aides ou des prestations, dans le but de répondre aux aspirations et aux projets de vie des bénéficiaires. Ces besoins doivent avoir été identifiés en amont, par une équipe pluridisciplinaire.

Il s’agit donc d’une approche très globale et d’un accompagnement individualisé (Article L114-1-1 du Code de l’action sociale et des familles).

Bon à savoir : depuis 2018, l’élaboration d’un plan d’accompagnement global (PAG) est autorisée pour les personnes handicapées ne pouvant bénéficier, de façon immédiate, d’un PPC. L’équipe pluridisciplinaire chargée de l’évaluation de la situation est habilitée à proposer un PAG.

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Comment mettre en place un plan de compensation ?

Un plan personnalisé de compensation s’établit en prenant en compte la situation individuelle et les besoins de la personne en situation de handicap.

 

Comment bénéficier du PPC ?

Afin de bénéficier d’un droit à la compensation, vous devez effectuer une demande auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) dont vous dépendez — retrouvez les coordonnées de votre MDPH par département si vous préférez déposer votre dossier sur place ou par téléphone. La demande peut vous concerner directement, ou intéresser votre enfant : dans ce dernier cas, notre guide dédié détaille comment constituer le dossier MDPH de son enfant, étape par étape.

Pour obtenir un dossier de demande, vous pouvez télécharger le formulaire Cerfa 15692*01, ou passer par la MDPH de votre lieu de résidence. Cette dernière peut vous conseiller sur de nombreux sujets et vous accompagner dans vos démarches. Elle assure également le suivi du dossier de droit à la compensation. Dès la réception de votre demande de dossier, un accusé de réception vous sera envoyé.

Une fois la demande effectuée, la transmission pour avis du PPC est effectuée, vous donnant la possibilité d’émettre d’éventuelles observations. Vous disposez de 15 jours pour émettre des observations sur le plan personnalisé de compensation.

À l’issue du délai accordé, le plan est ensuite transféré à la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH). Les membres de la commission sont composés d’associations qui représentent les usagers ou de familles.

C’est la CDAPH qui décide de l’attribution des prestations relatives aux différentes propositions du plan personnalisé de compensation. Elle peut être amenée à recevoir la personne concernée ou son représentant légal, pour échanger sur un sujet en particulier.

Bon à savoir : le délai légal pour obtenir une décision de la CDAPH est de 4 mois à compter du dépôt d’un dossier complet (article R. 241-33 du Code de l’action sociale et des familles). En pratique, la moyenne nationale de traitement avoisine plutôt 4,6 mois, avec de fortes disparités selon les départements. Passé ce délai sans réponse, le silence de la MDPH vaut décision implicite de rejet, ce qui ouvre droit à un recours dans les 2 mois.

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Séverine Burel

Le saviez-vous ?
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
Un formulaire MDPH simplifié (18 pages au lieu de 20, et seulement 4 pages pour un renouvellement à l’identique) est expérimenté depuis le printemps 2026 dans 5 départements pilotes (Aveyron, Corse, Indre, Nord, Guyane). L’expérimentation est close depuis le 14 juin 2026 et en cours d’évaluation par la CNSA : une généralisation est annoncée pour l’automne 2026, mais aucun texte officiel ne l’a confirmée à ce jour. Partout ailleurs, le Cerfa 15692*01 (20 pages) reste l’unique formulaire valable.

 

Quels sont les besoins pris en compte dans le droit à compensation ?

Le PPC tient compte de nombreux besoins, parmi lesquels :

    • accueil de la petite enfance ;
    • enseignement, scolarité et éducation ;
    • insertion et formation professionnelle ;
    • aide à la communication ;
    • accès aux dispositifs facilitant la vie en milieu ordinaire ou adapté ;
    • accueil dans les établissements ou les services médico-sociaux ;
    • aménagement du logement ou du cadre de travail, favorisant l’autonomie ;
    • prestation de compensation du handicap (PCH) : prise en charge des frais liés à la perte d’autonomie.

 

Qui élabore le plan personnalisé de compensation ?

L’équipe pluridisciplinaire des MDPH met en place le plan de compensation du handicap. Elle évalue le projet de vie de la personne en situation de handicap, étudie ses besoins, ses attentes et ses choix de vie. L’approche est globale et permet d’apporter des réponses de compensation sur la base des informations transmises par la personne handicapée. Pour objectiver cette évaluation, elle s’appuie notamment sur le GEVA (guide d’évaluation des besoins de compensation), un outil harmonisé au niveau national par la CNSA, et peut déterminer, le cas échéant, un taux d’incapacité selon un guide-barème officiel.

Plusieurs professionnels de santé, aux multiples compétences, composent l’équipe pluridisciplinaire. Ils peuvent être infirmiers, psychologues, médecins ou encore ergothérapeutes. La constitution de l’équipe est variable, puisqu’elle s’adapte à la situation de chaque patient, ainsi qu’à la spécificité de ses besoins.

Une fois que les besoins de la personne ont été bien définis, l’équipe constitue le dossier du PPC. Les propositions diffèrent selon l’âge, la situation ou encore le projet professionnel de la personne handicapée.

Bon à savoir : il est fréquent que l’équipe pluridisciplinaire se rende au domicile de la personne concernée. Cela permet de découvrir son lieu de vie et d’échanger avec elle sur ses éventuelles attentes.

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En quoi la CNSA est-elle une actrice majeure de ce dispositif ?

En place depuis 2005, la caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) se charge du financement des aides en faveur des personnes handicapées. Elle est garante de l’égalité de traitement pour l’ensemble des personnes en situation de handicap sur le territoire.

Son rôle est également d’informer les personnes handicapées et leurs familles, et de répondre à leurs questionnements quant à l’accès à l’autonomie.

Elle accompagne les MDPH dans leurs missions, notamment pour formuler le projet de vie du PPC des personnes en situation de handicap.

 

Les aides proposées par le plan personnalisé de compensation

Le plan personnalisé de compensation diffère d’une personne à une autre et peut proposer différents types de prestations ou d’aides. On y retrouve notamment :

 

Questions fréquentes sur le plan personnalisé de compensation

Voici les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur le plan personnalisé de compensation, en complément des informations déjà détaillées dans cet article.

 

Le plan personnalisé de compensation a-t-il un montant fixe ?

Non, le PPC n’est pas une prestation financière en lui-même : c’est un document qui recense les aides adaptées au projet de vie de la personne, comme la PCH, l’AEEH ou l’AAH. Chacune de ces aides dispose de son propre montant, fixé selon des règles distinctes, une fois la décision rendue par la CDAPH.

 

Peut-on contester ou faire modifier son plan personnalisé de compensation ?

Oui. Durant les 15 jours suivant sa réception, la personne peut faire part de ses observations avant la décision de la CDAPH. Une fois la décision rendue, un recours administratif préalable obligatoire (RAPO), comme pour un refus d’AAH, permet de contester une décision jugée insuffisante ou inadaptée.

 

Le plan personnalisé de compensation reste-t-il valable indéfiniment ?

Sa durée dépend des aides accordées : la PCH est attribuée pour une période de 1 à 10 ans selon les besoins évalués, tandis que l’AAH peut être accordée à vie si le taux d’incapacité atteint 80 % et que le handicap est jugé stable, avec un renouvellement désormais automatique depuis la réforme MDPH 2026.

 

À quoi ressemble concrètement un exemple de plan personnalisé de compensation ?

Le PPC détaille, poste par poste, les propositions retenues pour la personne : par exemple une orientation vers un Ésat, une PCH aide humaine de 15 heures par semaine, un aménagement du poste de travail et une carte CMI invalidité. Chaque proposition est motivée avant sa transmission à la CDAPH.

 

Qui exprime le projet de vie si la personne ne peut pas le faire elle-même ?

Lorsque la personne handicapée ne peut exprimer sa volonté, son représentant légal (parent d’un enfant mineur, tuteur ou curateur pour un majeur protégé) formule le projet de vie à sa place, avec elle autant que possible, et reçoit à ce titre le PPC et ses éventuelles notifications de la CDAPH.

 

Le plan personnalisé de compensation est-il obligatoire pour toucher une aide handicap ?

Oui. Le PPC est l’étape administrative obligatoire entre le dépôt du dossier MDPH et la décision de la CDAPH : aucune prestation liée au handicap (PCH, AEEH, orientation, aménagement…) ne peut être attribuée sans passer par cette évaluation et cette proposition de l’équipe pluridisciplinaire.

 


Crédit photo : © Pixel-Shot / Adobe


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