La prime de froid est une compensation financière prévue par certaines conventions collectives pour les salariés exposés à de basses températures dans le cadre de leur travail, et fait partie des primes de pénibilité. Le Code du travail n’imposant aucune température minimale, elle n’est ni universelle, ni automatique : ses conditions d’attribution et son montant dépendent uniquement de la convention collective applicable à l’entreprise. Dans le secteur des exploitations frigorifiques, elle atteint par exemple entre 37 € et 92 € par mois selon la température, quel que soit le type de contrat (CDI, CDD, intérim), dès lors que les critères d’exposition sont remplis.


Récapitulatif : la prime de froid

Séverine Burel
Le plus courant
Entre -5°C et +2°C
37 € /mois
En dessous de -5°C
Exploitations frigorifiques
92 € /mois
❄️

Exploitations frigorifiques : prime forfaitaire de 37 € à 92 €/mois selon la température, sous réserve de 3h30 de travail au froid par jour et 8 jours par mois.

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Salaison, charcuterie : prime proportionnelle de 4 % à 15 % du salaire minimum garanti selon la température ambiante.

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Tous types de contrats : CDI, CDD ou intérim, la prime s’applique dès que les conditions d’exposition sont remplies.

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Mon conseil d’experte : vérifiez toujours en priorité votre convention collective : la prime de froid ne découle jamais du seul fait de travailler dans le froid.

aide-sociale.fr

 

Réglementation travail au froid : que dit la loi sur le froid sur le lieu de travail ?

La loi n’impose aucune température minimale pour le travail. La seule obligation de l’employeur : prendre les mesures nécessaires afin d’assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs.

Ainsi, selon l’article R4225-1 du Code du travail, les agents qui travaillent à l’extérieur doivent bénéficier d’un aménagement qui les protège des intempéries et des risques de glissade ou de chute.

Quant aux locaux, d’après l’article R4213-7 du Code du travail, ceux-ci doivent être équipés et conçus de façon à ce que la température soit adaptée au corps humain pendant le temps de travail, en tenant compte des méthodes de travail et des contraintes physiques des agents (c’est-à-dire suivant l’intensité de l’activité physique).

Cela passe également par des mesures plus ponctuelles lors d’épisodes de grand froid : aménagement des postes (chauffage, boissons chaudes, etc.), augmentation des temps de pause, mise à disposition de vêtements et d’EPI adaptés, etc.

Bon à savoir : vu que le Code du travail ne fixe pas de température minimale à ne pas franchir, il est délicat pour les salariés de faire jouer leur droit de retrait lorsque les conditions de travail deviennent insoutenables. Cette absence de législation officielle entraîne une autre conséquence importante : aucune compensation pour cette pénibilité n’a été mise en place. En d’autres termes, la prime de froid n’existe pas aux yeux du Code du travail. Vous ne pouvez donc pas y prétendre simplement parce que vous travaillez dans le froid. Il faut respecter des conditions bien précises édictées par certaines conventions collectives.

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L’INRS (Institut national de recherche et de sécurité), de son côté, estime qu’un environnement de travail doit être considéré comme froid en dessous de 18 °C. En deçà de 5 °C, une vigilance accrue s’impose et des mesures doivent être prises par l’employeur.

Quant à la norme NF X35-203/ISO 7730 relative au confort thermique, elle préconise que pour travailler dans des conditions optimales, les températures doivent respecter ces fourchettes :

    • Pour un local/bureau : de 20 °C à 22 °C
    • Pour un atelier dans lequel les salariés ont une activité physique moyenne : de 16 °C à 18 °C
    • Pour un atelier dans lequel les salariés ont une activité physique soutenue : de 14 °C à 16 °C

 

Prime de froid : qu’est-ce que c’est ?

Travailler dans le froid est une source de pénibilité dans de nombreux métiers, que ce soit dans des entrepôts réfrigérés, des chambres froides, des ateliers de transformation ou tout simplement à l’extérieur. La prime de froid est donc une compensation financière pour ces salariés qui travaillent dans des conditions difficiles au quotidien.

Comme nous l’avons vu précédemment, le Code du travail n’impose aucune limite de température (maximale ou minimale) à ne pas franchir et la prime de froid n’apparaît pas dans la loi. Elle est uniquement mise en place par certaines conventions collectives. C’est le cas notamment de :

Par conséquent, pour savoir s’il est possible de recevoir une prime de froid, un salarié doit se pencher sur sa propre convention collective afin de vérifier la présence (ou non !) de ladite prime.

 

Prime de grand froid : quelles conditions pour la recevoir ?

Pour compenser des conditions de travail difficiles liées au froid, certains salariés peuvent prétendre à une prime de froid… mais ce n’est pas le cas de tous !

Les critères pour y avoir droit sont généralement les suivants :

    • Travailler dans le froid pendant au moins 3 h 30 par jour et au moins 8 jours par mois, avec une température ambiante inférieure ou égale à + 2 °C.
    • Travailler dans le froid de façon occasionnelle pendant au moins 3 h 30 par jour avec une température artificielle en dessous de – 5 °C.
    • Appartenir à une entreprise qui relève d’une convention collective prévoyant une prime de froid.

Bien évidemment, la prime de froid est attribuée aux salariés qui remplissent ces conditions d’exposition au froid, quel que soit le type de leur contrat de travail (CDD, mission intérim, CDI). Et pour cause, la verser uniquement aux travailleurs en CDI ne serait pas légal. En revanche, des critères d’ancienneté peuvent être exigés suivant les conventions collectives.

Séverine Burel

L’erreur à éviter
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
Beaucoup de salariés pensent qu’il suffit de travailler dans un environnement froid pour toucher automatiquement une prime de froid. En réalité, ce dispositif n’existe pas dans le Code du travail : il dépend entièrement de la convention collective de l’entreprise. Sans clause spécifique prévoyant cette prime, même une exposition quotidienne à des températures négatives ne donne droit à aucune compensation légale.

Bon à savoir : si vous remplissez toutes les conditions d’obtention, vous percevrez automatiquement la prime de froid. Aucune démarche n’est nécessaire auprès de votre employeur.

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Enfin, ce dispositif remplace tout autre avantage qui viendrait compenser cette pénibilité (salaire, repos, congés, etc.).

 

Montant prime de froid : à quoi s’élève cette prime suivant les conventions collectives ?

Le montant de la prime de froid dépend des conventions collectives. Voici quelques exemples de montants de prime de froid :

    • Pour la Convention collective nationale des exploitations frigorifiques : le personnel ouvrier/employé qui travaille au froid plus de 3 h 30 par jour et au moins 8 jours par mois a droit à une prime de froid forfaitaire. Depuis le 1er mars 2025 (avenant n° 102 du 24 mars 2025), elle a été revalorisée à 37 € si la température est comprise entre – 5 °C et + 2 °C, et à 92 € si elle est inférieure à – 5 °C. À noter : l’ancienne prime forfaitaire de 3,59 € par jour, versée jusque-là pour un travail occasionnel au froid (moins de 8 jours par mois), a été supprimée à cette même date.
    • Pour la Convention collective nationale de l’industrie de la salaison, charcuterie en gros et conserves de viandes : le personnel qui travaille au froid de façon continue a droit à une prime de froid proportionnelle au salaire minimum garanti de sa catégorie. Elle est de 15 % si la température est inférieure à – 5 °C, de 8 % si la température est entre – 5 °C et + 3 °C, et de 4 % si la température est entre + 3 °C et + 10 °C.

Dans tous les cas, la prime de froid est soumise aux cotisations sociales, elle vous sera donc versée en brut. De même, elle est soumise à l’impôt sur le revenu et doit, par conséquent, être déclarée.

 

Questions fréquentes sur la prime de froid

Voici les réponses aux questions les plus posées sur la prime de froid, en complément des informations détaillées plus haut dans cet article.

 

La prime de froid est-elle obligatoire pour tout salarié qui travaille dans le froid ?

Non. La prime de froid n’existe pas dans le Code du travail : elle n’est due que si la convention collective, l’accord de branche ou un usage d’entreprise la prévoit expressément. Un salarié qui travaille au froid dans une entreprise où aucun de ces textes ne s’applique n’a donc, en principe, droit à aucune compensation financière spécifique.

 

Un intérimaire ou un salarié en CDD a-t-il droit à la prime de froid ?

Oui, dès que les conditions d’exposition sont réunies. Pour un intérimaire, elles s’apprécient sur la durée totale de la mission, même courte, et la prime figure sur le bulletin de paie établi par l’agence d’intérim, généralement versée avec le salaire du mois suivant la période travaillée.

 

Un salarié à temps partiel perçoit-il la prime de froid au même montant ?

Selon la jurisprudence (Cass. soc., 24 octobre 2018), un salarié à temps partiel qui remplit les critères d’exposition au froid a bien droit à la prime, mais celle-ci est en principe calculée au prorata de son temps de travail, sauf disposition plus favorable prévue par la convention collective applicable.

 

La prime de froid peut-elle être cumulée avec une autre prime de pénibilité ?

Non, en général. Les conventions collectives prévoyant une prime de froid précisent qu’elle ne peut pas se cumuler avec un autre avantage ayant le même objet (repos supplémentaire, prime équivalente, etc.). Elle reste cumulable avec des primes compensant un préjudice différent, comme une prime de nuit ou de salissure.

 

Existe-t-il un seuil légal de température qui déclenche automatiquement une compensation ?

Non. Le Code du travail n’impose aucun seuil de température ni obligation de compensation automatique : seule une vigilance renforcée de l’employeur est requise en dessous de 5 °C selon l’INRS. Seules les conventions collectives fixent des seuils précis (par exemple + 2 °C ou – 5 °C) déclenchant le versement d’une prime.


Crédit photo : © colnihko / Adobe


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