Congé de naissance : définition et différences entre les dispositifs
Pendant longtemps, l’expression “congé de naissance” désignait surtout le congé légal de 3 jours accordé au salarié à l’occasion de la naissance de son enfant.
Depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, un nouveau droit a été créé : le congé supplémentaire de naissance. Il s’ajoute aux congés existants afin de permettre aux parents de passer davantage de temps auprès de l’enfant dans ses premiers mois.
Congé supplémentaire de naissance 2026 : durée, indemnisation et conditions
Le congé supplémentaire de naissance, créé dans le cadre de la réforme pour 2026, obéit à des règles précises en matière de durée, d’indemnisation et de conditions de prise. Pour bien comprendre comment il fonctionne et savoir à quoi vous pouvez prétendre en tant que parent, voici les points essentiels à connaître.
Qu’est-ce que le congé supplémentaire de naissance ?
Le congé supplémentaire de naissance est un nouveau congé indemnisé permettant à chaque parent de s’arrêter jusqu’à deux mois après l’arrivée d’un enfant.
Il s’ajoute aux congés déjà existants (maternité, paternité et accueil de l’enfant, adoption). Il ne remplace pas le congé parental d’éducation, dont les règles restent inchangées.
Congé supplémentaire de naissance : à partir de quand s’applique-t-il ?
Le congé supplémentaire de naissance sera accessible à partir du 1er juillet 2026.
Il concerne les parents d’enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026. Il vise aussi certaines situations de naissance prématurée : lorsque la date de naissance était prévue à compter du 1er janvier 2026, le droit reste ouvert même si l’enfant est né avant.
Quelle est la durée du congé supplémentaire de naissance ? (1 mois ou 2 mois)
Chaque parent peut choisir de prendre :
- 1 mois ;
- 2 mois ;
- ou 2 périodes d’un mois non consécutives (fractionnement).
Les deux parents peuvent prendre ce congé en même temps ou en alternance, selon leurs besoins.
Congé supplémentaire de naissance : combien est-on payé ? (indemnisation 70 % / 60 %)
L’indemnisation est assurée par l’Assurance maladie. Pour les salariés, elle est dégressive :
- 70 % du salaire net antérieur le premier mois ;
- 60 % du salaire net antérieur le second mois,
dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Pour les travailleurs indépendants, l’indemnité journalière forfaitaire est également ajustée dans les mêmes proportions.
Dans quel délai peut-on prendre le congé supplémentaire de naissance ? (règle des 9 mois)
En principe, le congé supplémentaire de naissance doit être pris dans un délai maximum de 9 mois à compter de la naissance de l’enfant (ou de son arrivée au foyer en cas d’adoption). Ce délai peut être allongé si les congés maternité/paternité/adoption ont été prolongés (naissances multiples, dispositions conventionnelles, etc.).
Pour les parents dont l’enfant est né (ou arrivé au foyer) entre le 1er janvier 2026 et le 30 juin 2026, le congé est mobilisable dans les 9 mois suivant le 1er juillet 2026.
Prévenir son employeur : quel délai pour demander le congé supplémentaire de naissance ?
Le parent doit informer l’employeur au moins 1 mois avant le début du congé (en précisant la date de départ, la durée, et si besoin le fractionnement).
Ce délai de prévenance passe à 15 jours lorsque le congé supplémentaire de naissance enchaîne immédiatement après le congé de paternité et d’accueil de l’enfant ou après un congé d’adoption, et qu’il n’est pas possible de respecter le délai d’un mois.
Un justificatif pourra être demandé (acte de naissance, ou justificatif d’adoption). Si besoin, vous pouvez retrouver la procédure ici : demande d’acte de naissance.
Cumul : peut-on combiner congé supplémentaire de naissance, congé parental et PreParE ?
Le congé supplémentaire de naissance s’ajoute aux congés maternité, paternité et d’accueil de l’enfant, et adoption : il est prévu pour être pris après ces congés.
En revanche, il ne peut pas être indemnisé en même temps que certaines prestations, dont la PreParE (qui peut indemniser un congé parental). Les deux peuvent toutefois être pris l’un après l’autre. Pour rappel : dispositif PreParE de la CAF.
Congé de naissance 3 jours : durée, bénéficiaires et cumul avec le congé paternité
Le congé de naissance “classique” existe toujours. C’est une autorisation d’absence légale de 3 jours ouvrables, accordée au salarié à l’occasion de la naissance d’un enfant. Il s’agit d’un droit prévu par le Code du travail : article L3142-4.
Les jours accordés sont assimilés à du temps de travail : vous êtes donc payé normalement. L’employeur ne peut pas s’y opposer.
Qui a droit au congé de naissance de 3 jours ?
Le congé de naissance de 3 jours concerne le plus souvent le père biologique. Mais il peut aussi bénéficier à toute personne vivant en couple avec la mère (y compris sans lien de parenté avec l’enfant, par exemple dans le cadre d’un couple de même sexe).
La mère ne peut pas en bénéficier lorsqu’elle est déjà couverte par le congé maternité : les deux ne sont pas cumulables “au même titre”.
Congé de naissance 3 jours : quand le prendre (jour de naissance ou lendemain ouvrable) ?
La durée est de 3 jours ouvrables. Le congé commence soit le jour de la naissance, soit le premier jour ouvrable qui suit si la naissance a lieu un jour non travaillé. Certaines conventions collectives peuvent prévoir une durée plus longue (mais pas plus courte).
Cumul congé naissance 3 jours + congé paternité : comment ça marche ?
Le congé de naissance de 3 jours se cumule avec le congé de paternité et d’accueil de l’enfant.
En pratique, après les 3 jours, le salarié enchaîne avec la période obligatoire de 4 jours du congé de paternité. Cela forme un bloc de 7 jours consécutifs après la naissance (3 jours ouvrables + 4 jours calendaires).
Pour que l’organisation soit fluide, il est recommandé d’anticiper et d’adresser la demande de congé de paternité à l’employeur au moins 1 mois avant la date de naissance prévisionnelle.
Différence entre congé de naissance 3 jours et congé supplémentaire de naissance 2026
Si l’expression « congé de naissance » est aujourd’hui très utilisée, elle recouvre en réalité deux dispositifs différents : le congé légal de 3 jours ouvrables, en vigueur depuis longtemps, et le congé supplémentaire de naissance créé pour 2026. Pour éviter toute confusion, voici un tableau comparatif simple qui résume la durée, la rémunération, le moment de prise et les règles de cumul pour chacun d’eux.
Congé de naissance (3 jours)
Congé supplémentaire de naissance (LFSS 2026)
3 jours ouvrables
Jusqu’à 2 mois par parent (1 mois, 2 mois ou 2×1 mois non consécutifs)
Rémunération = salaire habituel (absence assimilée à du temps de travail)
Indemnisation Assurance maladie : 70 % du salaire net (mois 1), 60 % (mois 2), dans la limite du plafond
À prendre immédiatement à la naissance (ou 1er jour ouvrable suivant)
Accessible à partir du 1er juillet 2026, pour enfants nés/adoptés dès le 1er janvier 2026 (y compris certains cas de prématurité)
Cumulable avec le congé paternité
S’ajoute aux congés maternité/paternité/adoption et ne remplace pas le congé parental
Ce qu’il faut retenir sur le congé de naissance
Le congé de naissance “historique” existe-t-il toujours ?
Oui : le congé de naissance de 3 jours ouvrables reste en vigueur et doit être pris immédiatement après la naissance.
Qu’est-ce que le congé supplémentaire de naissance ?
C’est un nouveau congé indemnisé pouvant aller jusqu’à 2 mois par parent, qui s’ajoute aux congés maternité/paternité/adoption.
À partir de quand est-il accessible ?
À partir du 1er juillet 2026, pour les parents d’enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026 (avec des règles particulières en cas de naissance prématurée).
FAQ : vos questions sur le congé de naissance
Entre les nouveaux textes et les congés déjà en place, il est normal de s’y perdre. Voici les questions qui reviennent le plus souvent (et les réponses, sans jargon).
Le congé de naissance de 3 jours est-il obligatoire pour l’employeur ?
Oui. Le congé de 3 jours est un droit prévu par le Code du travail : l’employeur ne peut pas le refuser. Les jours sont considérés comme du temps de travail, donc payés normalement.
Le salarié peut-il refuser de prendre les 3 jours à la naissance ?
En pratique, ces 3 jours sont pensés pour être pris immédiatement après la naissance. Si un employeur “propose” de les déplacer, cela peut créer des erreurs (et de la confusion) sur le droit applicable.
Le congé supplémentaire de naissance remplace-t-il le congé parental ?
Non. Le congé supplémentaire de naissance ne supprime pas le congé parental. Il ajoute du temps indemnisé, avec un niveau d’indemnisation généralement plus favorable que la PreParE. Les deux peuvent être pris l’un après l’autre.
Peut-on prendre le congé supplémentaire de naissance en même temps que la PreParE (CAF) ?
Non, pas en même temps. L’indemnisation du congé supplémentaire de naissance n’est pas cumulable avec la PreParE. En revanche, vous pouvez les organiser successivement.
Quelles prestations ne sont pas cumulables avec l’indemnisation du congé supplémentaire de naissance ?
En plus de la PreParE, l’indemnisation du congé supplémentaire de naissance ne se cumule pas avec plusieurs prestations (par exemple les indemnités journalières maladie, maternité/paternité/adoption, ou encore certaines allocations liées à l’accueil de l’enfant). En cas de doute, faites un point avec votre caisse et/ou votre employeur.
Combien de temps à l’avance faut-il prévenir son employeur ?
En principe, 1 mois pour le congé supplémentaire de naissance (en indiquant date de début + durée + fractionnement si besoin). Le délai passe à 15 jours lorsque le congé s’enchaîne immédiatement après le congé de paternité et d’accueil de l’enfant ou après un congé d’adoption et qu’il est impossible de respecter le délai d’un mois.
J’ai eu mon enfant entre janvier et juin 2026 : puis-je quand même en profiter ?
Oui. Même si l’accès au dispositif commence au 1er juillet 2026, les parents d’enfants nés (ou arrivés au foyer) entre le 1er janvier et le 30 juin 2026 peuvent en bénéficier, dans un délai spécifique (à mobiliser après le 1er juillet).
Que se passe-t-il en cas de naissance prématurée ?
La règle vise à ne pas pénaliser les naissances prématurées : si la date prévue de naissance était à compter du 1er janvier 2026, le droit au congé supplémentaire de naissance peut rester ouvert, même si l’enfant est né avant.
Le congé de naissance (3 jours) est-il réservé aux CDI ?
Non. Le congé de naissance de 3 jours concerne aussi les CDD, sous réserve d’être salarié au moment de l’événement. Pour le congé supplémentaire de naissance, il faut respecter des conditions d’ouverture de droits (comme pour les IJ) selon votre statut.
Le congé supplémentaire de naissance s’applique-t-il aux indépendants ?
Oui, le dispositif vise aussi les travailleurs indépendants (avec des modalités d’indemnisation spécifiques). En pratique, la demande passe par votre caisse (CPAM ou organisme compétent selon votre régime).
Fonction publique : est-ce le même dispositif ?
Les grands principes sont alignés, mais les modalités peuvent dépendre de votre régime (fonctionnaires, militaires, régimes spéciaux…). Si vous n’êtes pas géré par l’Assurance maladie, il faut vérifier les règles applicables à votre statut.
Naissances multiples : la durée augmente-t-elle ?
Pour les 3 jours, la durée n’est pas automatiquement augmentée (sauf dispositions conventionnelles). En revanche, les congés maternité/paternité peuvent être allongés en cas de naissances multiples, et cela peut aussi décaler certains délais.
Peut-on poser des congés payés juste après la naissance ?
Souvent oui, si l’employeur accepte et si l’organisation le permet. L’intérêt est de créer une continuité après les jours de naissance et/ou le congé paternité. Attention : la période obligatoire du congé paternité obéit à des règles spécifiques.
Que faire si l’employeur refuse le congé de naissance ?
Pour les 3 jours, un refus n’est pas normal. Commencez par rappeler le texte (et fournissez l’acte de naissance). En cas de blocage, vous pouvez solliciter les représentants du personnel, l’inspection du travail, ou demander conseil à un juriste/organisation syndicale.
Crédit photo : © Kati Finell / Adobe

Mes années d’enseignante m’ont permis d’acquérir une expertise précieuse tant dans la communication que dans la transmission des savoirs. Mon entrée dans l’équipe d’aide sociale été motivée par un profond désir de partager des informations de manière engageante et accessible à tous. Je partage l’idée que plus les gens seront renseignés sur leurs droits, plus le non-recours aux aides sociales diminuera. Pour ce faire, j’ai à cœur de fournir aux internautes un contenu de qualité, informatif et correctement sourcé afin qu’ils puissent agir en faveur de leurs droits.
