SOMMAIRE
Qu’est-ce que la grille AGGIR et à quoi sert-elle ?
Quand on parle d’aide pour les personnes âgées en perte d’autonomie, un mot revient souvent : la grille AGGIR. Cet outil, utilisé dans toute la France, mesure à quel point une personne peut gérer seule sa vie de tous les jours.
Résultat : un classement en GIR, de 1 (dépendance lourde) à 6 (autonomie totale), qui conditionne l’accès à l’APA, l’allocation spécifique d’aide à l’autonomie.
Qui réalise l’évaluation AGGIR et dans quel cadre ?
L’évaluation via la grille AGGIR peut avoir lieu à domicile ou en établissement.
À domicile, ce sont généralement les équipes médico-sociales du conseil départemental qui interviennent. Lorsqu’une équipe médico-sociale se rend au domicile, elle ne vient pas uniquement « remplir des cases ». Elle observe la personne, discute avec la famille et propose un plan d’aide concret : aide humaine, équipements ou financement. En établissement, l’évaluation est confiée au médecin coordonnateur et aux soignants. Leur analyse sert à fixer le tarif dépendance et à définir l’organisation des soins et du soutien quotidien.
En maison de retraite médicalisée ou en unité de soins, l’évaluation de la dépendance n’est pas laissée au hasard. Elle est réalisée par le médecin coordonnateur, épaulé par les soignants. Leur analyse sert à deux choses : fixer le tarif dépendance, qui varie selon le niveau de perte d’autonomie, et bâtir un accompagnement adapté, tant sur le plan médical que social.
Comment fonctionne la grille AGGIR pour évaluer l’autonomie ?
L’évaluation repose sur l’analyse de 17 critères qui concernent la vie quotidienne.
Parmi eux, 10 sont dits « discriminants » : ce sont les plus déterminants, car ils servent directement au calcul du GIR. Les 7 autres, appelés « illustratifs », abordent des aspects pratiques comme la préparation des repas, l’entretien du logement ou la gestion du budget. Ils ne modifient pas le classement final mais permettent d’élaborer un plan d’aide plus personnalisé.
Chaque critère est observé selon 3 modalités :
- Soit la personne agit seule et correctement
- Soit elle le fait partiellement ou de manière maladroite
- Soit elle n’est pas en mesure d’accomplir l’acte sans aide
Cela concerne aussi bien des activités physiques (se déplacer, se nourrir, s’habiller) que des fonctions cognitives (s’orienter dans le temps et l’espace, communiquer, gérer ses affaires).
A quoi correspondent les différents niveaux de GIR ?
Le classement dans la grille AGGIR s’exprime par 6 niveaux de dépendance, appelés GIR :
- Le GIR 1 correspond aux personnes les plus dépendantes. Généralement alitées ou en fauteuil, elles ont besoin d’une assistance permanente.
- Le GIR 2 concerne 2 profils : des personnes ayant conservé certaines facultés physiques mais souffrant de lourdes atteintes mentales, ou bien des personnes valides sur le plan intellectuel mais dont l’état physique impose une aide importante plusieurs fois par jour.
- Le GIR 3 regroupe des personnes ayant conservé leurs capacités mentales mais qui ne peuvent plus assumer seules la plupart des soins corporels et nécessitent des interventions quotidiennes.
- Le GIR 4 concerne les personnes capables de se déplacer seuls, parfois de s’alimenter, mais dépendant d’une aide extérieure pour la toilette, l’habillage ou la préparation des repas.
- Le GIR 5 correspond à une perte d’autonomie modérée : la personne vit généralement chez elle mais a besoin d’un soutien ponctuel, par exemple pour les courses, le ménage ou la toilette.
- Le GIR 6 est attribué aux personnes considérées comme autonomes. Elles peuvent accomplir seules les activités du quotidien et ne sont pas éligibles à l’APA.
Ce classement n’a donc pas uniquement une valeur médicale : il conditionne l’accès aux financements publics et aux aides mises en place par les départements. Chaque niveau de GIR correspond à une situation concrète du quotidien. Voici comment les reconnaître simplement.
Niveaux de GIR : exemples concrets de situation
Pour mieux comprendre les 6 niveaux de GIR, nous vous donnons quelques exemples concrets pour chacun d’entre eux.
GIR 1 : dépendance totale
À 89 ans, Madame B. vit en maison de retraite médicalisée. Sa maladie neurodégénérative l’a privée de toute autonomie : elle ne peut plus se lever, ni manger seule, et sa mémoire est très altérée. Le personnel doit rester auprès d’elle en permanence pour assurer ses besoins les plus élémentaires.
GIR 2 : dépendance importante mais partielle
Monsieur L., 82 ans, garde toute sa lucidité et aime encore converser. Mais son corps, lui, ne suit plus : il n’a plus la force de se lever sans aide ni de se déplacer seul. Chaque journée est rythmée par l’intervention de ses aidants, qui l’assistent pour l’hygiène et l’alimentation.
GIR 3 : autonomie mentale mais forte dépendance physique
Madame R., 86 ans, refuse pour l’instant d’aller en établissement et reste chez elle. Mentalement alerte, elle règle ses papiers administratifs sans souci. Mais son arthrose et ses problèmes de cœur rendent les gestes du quotidien difficiles, en particulier la toilette et l’habillage. Une auxiliaire de vie passe chaque jour pour lui permettre de rester à domicile.
GIR 4 : perte d’autonomie partielle
Dans ce groupe, la personne peut se déplacer seule à l’intérieur de son logement et parfois prendre ses repas. En revanche, elle a besoin d’une aide pour la toilette, l’habillage et les courses.
Monsieur D., 78 ans, est encore capable de préparer un petit déjeuner et de se déplacer dans son appartement. Mais il a besoin d’assistance pour sa douche, pour l’entretien du logement et pour la gestion de ses traitements médicaux.
GIR 5 : autonomie globale mais besoin d’un soutien ponctuel
Madame S., 74 ans, se déplace sans difficulté et peut cuisiner. En revanche, elle a du mal à se laver seule en raison d’un problème d’équilibre. Son fils vient deux fois par semaine pour l’aider à la toilette et aux courses lourdes.
GIR 6 : autonomie préservée
Monsieur C., 70 ans, vit seul dans sa maison et continue à conduire. Il cuisine, fait son ménage et sort pour ses courses. Bien qu’il souffre d’une légère arthrose, il reste autonome et ne nécessite pas d’assistance particulière.
FAQ sur la grille AGGIR
A travers ces réponses aux questions les plus fréquentes sur la grille AGGIR, retrouvez les informations clés développées dans l’article.
Qu’est-ce que la grille AGGIR et pourquoi est-elle utilisée ?
La grille AGGIR, utilisée partout en France, permet de mesurer la dépendance d’une personne âgée, aussi bien sur le plan physique que mental. Résultat : un classement en GIR, de 1 (fortement dépendant) à 6 (autonome). C’est ce classement qui ouvre ou non la porte à l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA).
Comment se déroule une évaluation à domicile ?
Une fois le dossier APA accepté, un rendez-vous est fixé. La personne en charge de l’évaluation se rend chez la personne, prend le temps d’observer, de poser des questions, de vérifier l’environnement. Le but n’est pas seulement de remplir une grille, mais aussi de comprendre la réalité du quotidien. À l’issue de la visite, un niveau GIR est attribué et un plan d’aide chiffré est mis en place.
Ce plan d’aide sert ensuite de base au calcul du montant de l’APA, qui dépend à la fois du niveau de GIR et des ressources de la personne. Nous expliquons en détail ce calcul dans un article dédié au montant de l’APA.
Pourquoi certaines personnes n’ont pas droit à l’APA malgré une perte d’autonomie ?
C’est l’une des critiques fréquentes : être en difficulté mais ne pas toucher l’APA. La raison est simple : seuls les GIR 1 à 4 ouvrent droit à cette allocation. Les personnes en GIR 5 ou 6 sont jugées trop autonomes pour bénéficier de ce financement. Reste alors à se tourner vers d’autres dispositifs, moins connus mais existants, via les caisses de retraite ou les collectivités locales.
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