SOMMAIRE
Quels sont les cas pour une annulation de pension alimentaire ?
Une fois la pension alimentaire fixée par le juge, le parent débiteur verse le même montant chaque mois jusqu’à ce que l’enfant concerné atteigne l’autonomie financière.
Précision : depuis le 1er janvier 2023, l’intermédiation financière de l’ARIPA est devenue la règle, mais elle peut être levée si les deux parents en font conjointement la demande et que la situation familiale le permet. Ce n’est donc pas un dispositif obligatoire dans 100 % des cas.
Dans certaines situations, il est toutefois possible d’interrompre les versements plus tôt. Pour cela, il est nécessaire qu’un changement significatif dans les conditions de vie de l’enfant ou d’au moins un des deux parents intervienne.
Les raisons suivantes peuvent par exemple constituer des motifs valables pour demander la suppression d’une pension alimentaire :
- Le salaire et/ou les ressources du parent débiteur (celui qui verse la pension) a baissé de manière importante (chômage, augmentation de charges, etc.).
- Le salaire et/ou les ressources du parent créancier (celui qui touche la pension) ont augmenté fortement (héritage, bénéfice d’une rente, promotion professionnelle, etc.).
- L’enfant perçoit un salaire. Attention : percevoir un salaire ne suffit pas toujours pour supprimer la pension. Le critère retenu par le juge est l’autonomie financière réelle de l’enfant (revenus stables et suffisants pour subvenir à ses besoins). Un simple job étudiant ne permet pas de demander une suppression.
- Changement du mode de garde (passage d’une garde exclusive à une garde alternée…).
- La naissance d’un nouvel enfant, qui crée une charge supplémentaire pour le parent débiteur.
Quel que soit le motif avancé, il doit concerner un changement qui est intervenu après la dernière décision rendue par le Juge aux affaires familiales concernant le montant de la pension.
Important : un parent ne peut jamais arrêter de lui-même le paiement de la pension alimentaire, même si l’enfant devient majeur, travaille ou qu’un accord verbal existe entre parents. En l’absence de nouvelle décision du JAF, l’arrêt du paiement constitue un délit d’abandon de famille (article 227-3 du Code pénal), passible de 2 ans d’emprisonnement et 15 000 € d’amende.
Suppression de pension alimentaire pour enfant majeur : quelles sont les règles ?
La pension alimentaire n’est pas automatiquement supprimée à la majorité de l’enfant. Elle peut être maintenue tant que l’enfant n’a pas acquis une réelle autonomie financière.
Toutefois, si l’enfant est diplômé, travaille ou perçoit des revenus stables, le parent qui verse la pension peut demander la suppression au juge aux affaires familiales.
À l’inverse, si l’enfant poursuit des études ou est en recherche d’emploi, le versement de la pension peut être prolongé, car l’obligation d’entretien persiste. Pour que la pension soit maintenue, l’enfant majeur doit fournir des justificatifs réguliers : certificat de scolarité, preuves d’assiduité, contrat d’apprentissage, attestation de Pôle emploi, etc. En l’absence de justificatifs, le juge peut décider la suppression de la pension.
Le juge peut également supprimer la pension si l’enfant majeur rompt totalement et volontairement le lien avec le parent débiteur, refuse de fournir des justificatifs ou refuse de s’engager dans des études ou une recherche d’emploi. Cette situation est examinée au cas par cas.
Point Important : Le juge peut aussi décider que la pension alimentaire soit versée directement à l’enfant majeur plutôt qu’au parent chez qui il réside encore.
Peut-on annuler une pension alimentaire rétroactivement ?
La pension alimentaire ne peut pas être annulée de manière rétroactive. En effet, les sommes déjà dues ou versées restent acquises et ne peuvent pas être récupérées. En revanche, le juge peut décider d’une suppression à partir de la date de dépôt de la demande officielle.
Ainsi, il est très important de saisir rapidement le juge aux affaires familiales dès que la situation change : cela permet d’éviter d’accumuler des dettes ou de verser des montants qui ne correspondent plus à la réalité.
Procédure pour arrêter une pension alimentaire : comment faire ?

Pour demander la suppression d’une pension alimentaire, il est nécessaire de s’adresser au Juge des affaires familiales. Même si les deux parents sont d’accord pour arrêter ou modifier la pension alimentaire, l’accord doit impérativement être homologué par le JAF. Sans cette homologation, la pension reste due.
Pour cela, complétez le formulaire cerfa n°11530, puis adressez-le au tribunal du lieu où réside le parent qui reçoit la pension.
Attention : vous devez justifier votre demande en joignant au formulaire cité ci-dessus tous les documents utiles (charges, quittances de loyer, justificatifs de ressources, factures diverses, attestation Pôle emploi, etc.). N’hésitez pas à vous faire aider par un avocat pour bien préparer votre dossier et évaluer les chances de succès d’une telle demande (voir comment consulter un avocat gratuitement).
Par ailleurs, il est nécessaire de fournir au juge :
- Une copie de votre acte de naissance et de celle(s) du ou des enfant(s) concerné(s)
- Une copie de votre acte de mariage ou de votre livret de famille
- Une copie de pièce d’identité (CNI ou passeport)
- La dernière décision du juge relative à la pension alimentaire
Selon votre situation, d’autres justificatifs peuvent vous être demandés. Veillez à bien consulter la notice du formulaire pour ne rien oublier.
Une fois votre demande effectuée, seul le juge aux affaires familiales est compétent pour décider de la suppression de votre pension alimentaire. Une réponse vous sera apportée sous quelques semaines, les délais variant d’un tribunal à l’autre.
Bon à savoir : vous êtes le parent créancier et la pension alimentaire a été supprimée ? Vous pouvez peut-être bénéficier de l’allocation de soutien familial versée par la CAF.
Erreurs fréquentes lorsqu’on souhaite ne plus payer une pension alimentaire
Lorsqu’un parent envisage d’arrêter le versement d’une pension alimentaire, certaines idées reçues ou démarches incomplètes peuvent entraîner des impayés, un rejet de la demande ou même des poursuites. Voici les principales erreurs à éviter pour que votre démarche soit conforme aux règles et, surtout, acceptée par le juge :
- Arrêter les versements sans décision du JAF : même en cas de baisse de revenus, de conflit ou de majorité de l’enfant, la pension reste due tant qu’une nouvelle décision n’a pas été rendue par le juge.
- Penser que la majorité met automatiquement fin à la pension : l’obligation d’entretien se poursuit tant que l’enfant n’est pas autonome financièrement. Un étudiant, un apprenti ou un jeune en recherche d’emploi reste généralement considéré comme dépendant.
- Associer vie en couple et autonomie financière : le fait qu’un enfant majeur vive en couple ou en colocation n’implique pas qu’il puisse subvenir seul à ses besoins. Les juges évaluent uniquement ses ressources réelles et régulières.
- Ne pas fournir les justificatifs nécessaires : une demande de suppression mal documentée (revenus, charges, situation de l’enfant…) est presque toujours rejetée. Des preuves claires du changement de situation sont indispensables.
- Se contenter d’un accord verbal entre parents : même lorsque les deux parents sont d’accord pour modifier ou supprimer la pension, l’accord doit obligatoirement être homologué par le JAF. Sans validation juridique, la pension reste exigible.
FAQ : questions fréquentes sur l’arrêt du paiement d’une pension alimentaire
Retrouvez ci-dessous les réponses aux interrogations les plus courantes concernant la fin du versement d’une pension alimentaire. Ces informations complètent l’article et abordent des situations particulières que rencontrent souvent les parents.
Peut-on arrêter de payer la pension alimentaire si l’autre parent empêche le droit de visite ?
Non. L’empêchement du droit de visite n’autorise jamais l’arrêt du paiement de la pension alimentaire. Les deux obligations sont totalement indépendantes. Même en cas de non-respect du jugement par l’autre parent, la pension reste due tant qu’une nouvelle décision n’est pas rendue. En parallèle, il est possible de saisir le juge ou de déposer plainte afin de faire respecter le droit de visite et d’hébergement.
La pension alimentaire peut-elle être supprimée si l’enfant refuse tout contact avec le parent débiteur ?
Dans certains cas, le juge peut décider de supprimer la pension alimentaire lorsque l’enfant majeur rompt volontairement tout lien avec le parent débiteur sans raison valable. Cette situation doit être prouvée et appréciée avec prudence par le juge. Il s’agit d’une décision au cas par cas qui exige des éléments objectifs, comme des tentatives de contact restées sans réponse ou des refus répétés de la part de l’enfant.
La mise en couple de l’enfant permet-elle d’arrêter la pension alimentaire ?
Le fait de vivre en couple ne suffit pas à supprimer la pension alimentaire. Ce changement de situation n’a pas de conséquence directe sur l’obligation d’entretien. Seule compte l’autonomie financière réelle de l’enfant : s’il ne peut pas subvenir seul à ses besoins, la pension demeure due. Ainsi, un enfant en couple mais étudiant ou sans ressources stables reste considéré comme financièrement dépendant.
Le parent débiteur peut-il exiger que la pension soit utilisée uniquement pour l’enfant ?
Le parent débiteur ne peut pas imposer la manière dont la pension alimentaire est utilisée. Le parent créancier est libre de l’employer pour toutes les dépenses liées à la vie de l’enfant. Aucune obligation de justification n’existe. Toutefois, en cas de soupçon d’utilisation abusive ou contraire à l’intérêt de l’enfant, il est possible de saisir le juge pour demander une réévaluation ou, dans certains cas, un versement direct à l’enfant majeur.
Peut-on suspendre temporairement une pension alimentaire en cas de difficultés financières soudaines ?
Un parent ne peut pas suspendre de lui-même le paiement, même en cas de difficultés financières importantes. En revanche, il est possible de saisir rapidement le juge pour demander une révision de la pension. Le juge peut accorder une baisse temporaire, un réaménagement ou une suspension dans des situations exceptionnelles. Il est essentiel de faire cette démarche avant d’arrêter les versements afin d’éviter des dettes ou des poursuites.
Le parent débiteur peut-il demander la suppression de la pension si l’enfant part vivre à l’étranger ?
Le départ à l’étranger n’entraîne pas automatiquement la suppression de la pension alimentaire. La question essentielle reste celle de l’autonomie financière. Si l’enfant part pour étudier, effectuer un stage non rémunéré ou vivre chez un tiers sans revenus stables, la pension reste due. En revanche, s’il trouve un emploi stable dans un autre pays, le parent débiteur peut demander une suppression auprès du juge.
Le parent débiteur peut-il demander des preuves de l’utilisation de la pension alimentaire ?
Le parent débiteur n’a pas le droit d’exiger des justificatifs détaillés sur l’emploi de la pension alimentaire. Le parent créancier bénéficie d’une grande liberté dans la gestion du budget destiné à l’enfant. Toutefois, en cas de doute sérieux sur une utilisation contraire à l’intérêt de l’enfant, il est possible de saisir le juge pour demander une vérification, une révision ou, dans certains cas, un versement direct à l’enfant majeur.
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Journaliste/Rédactrice, je possède dix ans d’expériences professionnelles web et rédaction et travaille pour le site aide-sociale.fr depuis 2017. Ma connaissance fine des questions juridiques et du dispositif administratif et social en France me permet d’informer au mieux les lecteurs sur leurs droits et les démarches utiles en fonction de leur situation.
