SOMMAIRE
Qu’est-ce que l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé ?
L’AEEH, à ne pas confondre avec l’AAH (pour les adultes), est une prestation financière versée par les caisses d’allocation familiale (CAF) ou les MSA (pour les personnes relevant du régime agricole).
Elle a pour but d’aider les familles à prendre en charge les frais liés à l’éducation et les soins qu’engendre le handicap d’un enfant de moins de 20 ans encore à charge. Elle est composée d’un montant de base auquel s’ajoute un complément AEEH en fonction des coûts supplémentaires liés à la nature et à la gravité du handicap.
Bon à savoir : si votre enfant rencontre des difficultés scolaires liées à son handicap, vous avez la possibilité de faire appel à un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH).
Retrouvez notre dossier complet sur la scolarisation d’un enfant handicapé. Si votre enfant a entre 6 et 18 ans, sachez également que l’AEEH est intégralement cumulable avec l’allocation de rentrée scolaire (ARS) — consultez notre guide sur le cumul ARS et AEEH pour en savoir plus. Par ailleurs, un enfant bénéficiant de l’AEEH peut aussi avoir besoin d’un PPS ou d’un autre dispositif scolaire : découvrez notre guide complet de l’accompagnement scolaire (PAI, PPRE, PAP, PPS).
Bon à savoir également : percevoir l’AEEH ouvre aussi droit à l’allocation de logement familiale (ALF), une aide au logement de la Caf versée en priorité aux familles bénéficiaires de prestations familiales ou de l’AEEH, en complément des aides présentées ici.
Quelles sont les conditions d’attribution de l’AEEH de base et du complément AEEH ?
Les conditions d’attribution de l’AEEH et de son complément dépendent de l’âge de l’enfant et du taux d’incapacité déterminé par la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH). Il n’y a pas de condition de ressource à respecter pour bénéficier de l’allocation AEEH.
Deux situations distinctes ouvrent des droits différents selon que l’on vise l’AEEH de base ou son complément.
Comment bénéficier de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé de base ?
- Avoir un enfant à charge de moins de 20 ans présentant un taux d’incapacité d’au moins 80 %.
- Ou avoir un enfant à charge de moins de 20 ans présentant un taux d’incapacité compris entre 50 % et 80 % et fréquentant un établissement spécialisé ou nécessitant des soins à domicile ou le recours à un service d’éducation spécialisé.
- Que l’enfant de moins de 20 ans présentant le handicap ne soit pas en internat avec une prise en charge intégrale des frais de séjour par l’assurance maladie, l’état ou l’aide sociale (sauf pour les périodes où l’enfant est présent : weekend, vacances).
- L’enfant doit percevoir des revenus professionnels inférieurs ou égaux à 1 002,67 euros (55 % du SMIC mensuel brut).
- Résider en France de façon permanente.
Comment bénéficier du complément AEEH ?
Si vous bénéficiez de l’AEEH de base, vous pouvez également demander un complément d’AEEH. Son attribution dépend de la catégorie, de 1 à 6, dans laquelle la CDAPH classe la situation de l’enfant en fonction de ses besoins et des conséquences de son handicap.
La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) détermine cette catégorie en tenant compte des dépenses liées à la nature et à la gravité du handicap, de la nécessité de recourir à une tierce personne ainsi que de l’éventuelle réduction ou cessation de l’activité professionnelle de l’un des parents.
Attention : lorsqu’un complément d’AEEH est attribué en raison de la réduction ou de la cessation de l’activité professionnelle d’un parent, il ne peut pas être cumulé avec des allocations chômage, notamment l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE). Toute indemnisation versée par France Travail doit être déclarée à la CAF ou à la MSA et peut entraîner un réexamen du complément par la MDPH. Si le complément est également justifié par des dépenses liées au handicap ou par le recours à une tierce personne, la situation peut toutefois être réévaluée plutôt que le droit supprimé automatiquement.
Selon la situation, les parents peuvent aussi solliciter l’allocation journalière de présence parentale pour compenser la perte de revenus. Toutefois, pour un même enfant et une même période, l’AJPP ne peut pas être cumulée avec le complément d’AEEH ni avec la majoration spécifique accordée au parent isolé. Il peut donc être utile de comparer les deux dispositifs avant d’effectuer une demande.
Par ailleurs, les parents qui réduisent ou cessent leur activité pour s’occuper d’un enfant handicapé peuvent bénéficier de l’assurance vieillesse des aidants (AVA), qui leur permet, sous certaines conditions, de continuer à valider gratuitement des trimestres de retraite.
N’hésitez pas à consulter les critères qui déterminent la catégorie et à vous reporter ensuite aux montants 2026 du complément d’AEEH présentés ci-dessous.
Quels sont les montants de l’AEEH de base et des compléments en 2026 ?
Depuis le 1er avril 2026, le montant de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé de base est fixé à 153,01 euros par mois, contre 151,80 euros jusqu’au 31 mars 2026. Cette revalorisation de 0,8 % suit l’évolution de l’indice des prix à la consommation.
Les droits sont ouverts dans le mois qui suit le dépôt du dossier AEEH auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH).
Pour le montant du complément AEEH 2026, il varie en fonction de la catégorie (déterminée par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées) dont dépend le jeune handicapé :
- 1re catégorie : 114,76 euros ;
- 2e catégorie : 310,80 euros ;
- 3e catégorie : 439,91 euros ;
- 4e catégorie : 681,71 euros ;
- 5e catégorie : 871,26 euros ;
- 6e catégorie : 1 298,44 euros.
Ces montants du complément AEEH sont en vigueur depuis le 1er avril 2026.
Une demande de majoration « parent isolé » peut être faite en plus du complément AEEH, auprès de la CDAPH. Il faut pour cela assumer seul la charge effective et permanente de l’enfant handicapé. Le montant de la majoration dépend de la catégorie dont dépend l’enfant handicapé, à noter qu’il n’y a pas de majoration pour la 1re catégorie :
- 1re catégorie : pas de majoration ;
- 2e catégorie : 62,16 euros ;
- 3e catégorie : 86,07 euros ;
- 4e catégorie : 272,55 euros ;
- 5e catégorie : 349,06 euros ;
- 6e catégorie : 511,63 euros.
Ces montants viennent s’ajouter au montant de l’AEEH de base et au montant du complément AEEH.
Quelle est la durée de versement de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé ?
À noter : depuis le 1er janvier 2019, la durée de versement de l’AEEH a été prolongée. Ceci est valable pour les demandes faites à compter de cette date. Si votre enfant est déjà bénéficiaire de l’AEEH, ces droits seront versés jusqu’à la date d’échéance. Le renouvellement quant à lui sera concerné par le rallongement des droits.
- Pour un taux d’incapacité d’au moins 80 % sans perspective d’évolution favorable : l’AEEH de base et les compléments sont versés jusqu’à ce que l’enfant puisse percevoir l’AAH ou jusqu’à l’âge limite pour percevoir les prestations familiales.
- Pour un taux d’incapacité d’au moins 80 % avec des perspectives d’évolution favorable : les droits sont ouverts pour une période comprise entre 3 et 5 ans.
- Pour un taux d’incapacité compris entre 50 % et 80 % : les droits sont accordés pour une période comprise entre 2 et 5 ans.
La durée de versement de l’AEEH est d’au minimum 2 ans. La CDAPH évalue en fonction de l’état de santé de l’enfant la durée et pourra la modifier si une amélioration ou une aggravation de l’état de l’enfant venait à intervenir.
Pour un renouvellement AEEH, il vous faudra remettre un nouveau formulaire AEEH à la MDPH (voir ci-dessous).
En ce qui concerne le versement, il intervient le 5 du mois par la CAF ou la MSA. Consultez le calendrier de paiement de l’AEEH.
Comment élaborer un dossier AEEH ?
La demande d’allocation AEEH de base est à faire auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) dont vous dépendez. Il faut pour cela remplir le formulaire AEEH de demande (formulaire CERFA n° 13788) et fournir un certificat médical récent. La CDAPH déterminera ainsi le taux d’incapacité de l’enfant handicapé et avertira la CAF ou la MSA de sa décision. Cette évaluation s’inscrit dans le cadre plus large du plan personnalisé de compensation (PPC) élaboré par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH, qui peut proposer des aides complémentaires à l’AEEH selon les besoins de l’enfant.
Pour la demande de complément AEEH, la procédure est la même et dans ce cas la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées déterminera la catégorie dont dépend l’enfant handicapé.
En savoir plus sur l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé
Si vous souhaitez plus d’informations, contactez directement le MDPH de votre département : voir la liste des MDPH en France.
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Vous pouvez aussi poser vos questions sur le forum des aides sociales.
Questions fréquentes sur l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé
Voici les réponses aux questions complémentaires les plus fréquemment posées sur l’AEEH, pour approfondir les informations développées dans cet article.
L’AEEH est-elle cumulable avec la prestation de compensation du handicap (PCH) ?
L’AEEH de base seule est cumulable avec l’ensemble des aides couvertes par la prestation de compensation du handicap (PCH). En revanche, si vous percevez l’AEEH accompagnée d’un complément (catégories 1 à 6), la PCH ne peut être attribuée que pour l’aide à l’aménagement du logement ou du véhicule, et les surcoûts liés au transport. En pratique, il est conseillé de comparer les deux dispositifs avec votre MDPH afin de retenir celui qui couvre le mieux les besoins de votre enfant.
L’AEEH est-elle soumise à l’impôt sur le revenu ?
Non, l’AEEH et ses compléments sont entièrement exonérés d’impôt sur le revenu. Ces montants n’ont pas à être déclarés dans votre déclaration annuelle de revenus. Il en va de même pour la majoration spécifique versée aux parents isolés.
Que se passe-t-il pour l’AEEH lorsque l’enfant atteint 20 ans ?
À partir de 20 ans, l’enfant n’est plus éligible à l’AEEH, qui s’arrête automatiquement. Si le handicap persiste à l’âge adulte, le jeune peut alors basculer vers l’allocation aux adultes handicapés (AAH), sous réserve de remplir les conditions d’attribution. Il est recommandé d’anticiper ce passage en déposant une demande d’AAH auprès de la MDPH avant les 20 ans afin d’éviter toute interruption de versement.
Peut-on bénéficier de l’AEEH si l’enfant est placé en internat ?
L’AEEH peut être suspendue lorsque l’enfant est accueilli en internat avec prise en charge intégrale des frais de séjour par l’assurance maladie, l’État ou l’aide sociale. Cependant, elle est maintenue pour les périodes de présence de l’enfant à son domicile : week-ends et vacances scolaires. Si la prise en charge en internat est seulement partielle, l’AEEH continue d’être versée normalement.
Combien de temps la MDPH met-elle pour traiter une demande d’AEEH ?
La MDPH dispose légalement d’un délai de 4 mois à compter de la réception du dossier complet pour notifier sa décision. En cas d’acceptation, l’AEEH est versée à partir du mois suivant le dépôt du dossier. En pratique, les délais peuvent varier d’un département à l’autre. Pensez à faire accuser réception de votre dossier MDPH par lettre recommandée avec accusé de réception.
L’AEEH est-elle versée pendant les vacances scolaires ?
Oui, l’AEEH est versée chaque mois de façon continue, y compris pendant les vacances scolaires. Il n’y a pas d’interruption entre les périodes scolaires. Seul un placement en internat avec prise en charge intégrale des frais peut entraîner une suspension temporaire du versement, uniquement pour les périodes de présence en établissement.
L’AEEH ouvre-t-elle droit à la prime de Noël ?
Non, l’AEEH seule n’ouvre pas droit à la prime de Noël : ce n’est pas un minima social mais une prestation de compensation du handicap. Elle peut en revanche être perçue en parallèle du RSA, de l’ASS ou de l’AER, qui eux ouvrent ce droit. Retrouvez tous les cas de figure dans notre article dédié : AEEH et prime de Noël, avez-vous droit à cette aide de fin d’année ?
Crédit photo : © MP Studio / Adobe

Responsable éditoriale d’Aide-Sociale.fr depuis 2012, je suis spécialiste des aides sociales avec plus de 13 ans d’expérience. J’ai rédigé et validé plus de 600 articles, je conçois les simulateurs de droits du site et j’interviens régulièrement dans les médias nationaux (BFM Paris, France Bleu, Ouest-France). Je rédige la newsletter envoyée à près de 300 000 abonnés.
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