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Pension alimentaire versée à un ascendant : de quoi parle-t-on ?
Les déductions fiscales pour aide versée à des parents ascendants s’inscrivent dans le cadre de l’obligation alimentaire, définie aux articles 205, 206 et 207 du Code civil. Il s’agit des sommes versées pour aider un parent ascendant à subvenir à ses besoins essentiels : alimentation, logement, santé. Les ascendants concernés sont :
- Vos parents
- Vos beaux-parents
- Vos grands-parents
Cette aide peut prendre différentes formes : un virement mensuel, le règlement direct de dépenses à la place de votre parent (frais médicaux, factures d’EHPAD, loyer…), ou encore la mise à disposition d’un logement ou l’hébergement à votre domicile.
Attention : la déduction ne s’applique qu’aux parents ascendants au sens de l’obligation alimentaire. Les aides versées à un frère, une sœur, un oncle, une tante ou un cousin ne sont pas déductibles, ces personnes n’étant pas liées par l’obligation alimentaire.
Conditions pour déduire une pension alimentaire versée à ses parents des impôts
Pour bénéficier de cette déduction fiscale, trois conditions cumulatives doivent être réunies, conformément à l’article 208 du Code civil :
- L’aide doit couvrir des besoins essentiels : alimentation, logement, frais de santé. L’administration peut vous demander des justificatifs (factures, relevés bancaires) pour vérifier la nature réelle des dépenses
- L’aide doit être proportionnée à vos ressources : vos propres revenus et charges sont pris en compte pour évaluer ce que vous pouvez raisonnablement verser
- Le parent aidé doit être réellement dans le besoin : il doit se trouver dans l’incapacité financière de subvenir seul à ses besoins essentiels
Point important : vous ne pouvez pas cumuler cette déduction avec un crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié au domicile du même parent ascendant. Il faut choisir l’un ou l’autre avantage fiscal.
Pension alimentaire ascendant : quel montant peut-on déduire ?
Le montant déductible dépend de la situation d’hébergement du parent ascendant. Voici les différents cas de figure applicables pour la déclaration 2026 (revenus 2025).
Votre parent n’est pas hébergé chez vous
Si vous versez une somme d’argent directement à votre parent (virement, chèque) ou réglez des dépenses à sa place, il n’existe pas de plafond légal. Vous pouvez déduire les sommes réelles versées, à condition de pouvoir en justifier la réalité (relevés bancaires, factures…).
Exemple : vous versez 400 € par mois à votre mère dans le besoin. Vous pouvez déduire 4 800 € (400 € × 12 mois) de vos revenus imposables pour l’année 2025.
Votre parent est hébergé à votre domicile
Si vous accueillez un parent ascendant sous votre toit, vous pouvez déduire sans justificatifs une somme forfaitaire de 4 075 € au titre du logement et de la nourriture fournis en 2025 (montant fixé pour la déclaration 2026). Ce montant est au prorata du temps de présence si le parent n’a été hébergé qu’une partie de l’année.
Si vous hébergez vos deux parents simultanément, ce forfait est doublé : vous pouvez déduire 8 150 € sans justificatifs.
Si vous estimez que l’aide réellement apportée est supérieure à ce forfait, vous pouvez opter pour la déduction des frais réels et justifiés à la place.
Cas particulier — invalidité à 80 % : si le parent hébergé est titulaire d’une carte d’invalidité à 80 %, vous avez le choix entre deux options fiscales : déduire la pension alimentaire comme décrit ci-dessus, ou le rattacher à votre foyer fiscal comme personne à charge, ce qui vous donne droit à des parts supplémentaires pour le calcul de l’impôt. L’option la plus avantageuse dépend de votre situation personnelle.
Votre parent a plus de 75 ans : conditions simplifiées
Si le parent hébergé est âgé de plus de 75 ans, la condition « d’état de besoin » est réputée automatiquement remplie lorsque ses revenus imposables 2024 ne dépassent pas les plafonds de l’Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA) :
- 12 411,44 € par an pour une personne seule
- 19 268,80 € par an pour un couple marié ou pacsé
Dans ce cas, la déduction forfaitaire de 4 075 € (ou 8 150 € pour deux parents) s’applique sans avoir à démontrer l’état de besoin, ce qui simplifie considérablement la démarche.
Comment déclarer l’aide aux parents dans sa déclaration d’impôts ?
Pour obtenir la déduction fiscale, vous devez indiquer le montant de la pension dans votre déclaration de revenus en ligne sur impots.gouv.fr. Les sommes à déduire sont à renseigner dans les cases 6GI à 6GU de votre déclaration, selon le membre du foyer concerné.
Vous n’avez pas à joindre de justificatifs lors de la déclaration initiale. Toutefois, conservez-les soigneusement pendant 3 ans (relevés bancaires, factures, quittances…) : la DGFIP peut vous les demander en cas de contrôle.
Obligation de votre parent : le parent ascendant qui reçoit la pension doit lui aussi déclarer les sommes reçues dans sa propre déclaration de revenus — à hauteur du montant que vous déduisez. Il existe cependant une exception : si le parent a des ressources très faibles et que vous réglez directement ses frais de maison de retraite ou d’établissement hospitalier, il n’a pas à déclarer ces sommes.
Questions fréquentes sur la déduction fiscale de la pension alimentaire versée à un ascendant
Voici les réponses aux questions les plus souvent posées sur la déduction d’impôts pour aide aux parents en 2026.
Peut-on déduire l’aide versée à un beau-parent ou à un grand-parent ?
Oui. L’obligation alimentaire s’étend aux beaux-parents (parents du conjoint marié) et aux grands-parents. En revanche, les frères, sœurs, oncles, tantes et cousins ne sont pas concernés par l’obligation alimentaire et les sommes versées à leur profit ne sont pas déductibles fiscalement.
Puis-je déduire les frais d’EHPAD payés pour mon parent ?
Oui, si vous réglez directement les frais d’hébergement de votre parent en EHPAD, ces sommes sont déductibles au titre de la pension alimentaire. Conservez impérativement les factures. À noter : si vous choisissez la réduction d’impôt de 25 % pour frais d’hébergement en EHPAD (cases 7CD/7CE), vous ne pouvez pas également déduire ces mêmes sommes en tant que pension alimentaire.
La déduction est-elle possible si mon parent bénéficie déjà de l’ASPA ?
Oui. L’ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées) perçue par votre parent ne fait pas obstacle à la déduction. Mais attention : si votre parent perçoit l’ASPA, il peut être soumis à l’obligation de récupération sur succession. La pension alimentaire que vous versez peut réduire l’état de besoin justifiant cette prestation.
Y a-t-il un montant minimum à verser pour bénéficier de la déduction ?
Non, aucun minimum n’est fixé par la loi. Même de petites sommes versées régulièrement (par exemple 100 € par mois) sont déductibles, à condition de pouvoir en justifier la réalité. L’administration vérifie surtout la cohérence entre vos ressources et les montants déduits, et la réalité de l’état de besoin de votre parent.
Mon parent doit-il déclarer la pension alimentaire qu’il reçoit ?
Oui, dans la quasi-totalité des cas. Votre parent doit déclarer les sommes reçues à hauteur exacte du montant que vous déduisez. Exception : si ses ressources sont très faibles et que vous payez directement ses frais de maison de retraite ou d’hospitalisation, il est exonéré de cette obligation de déclaration pour ces sommes spécifiques.
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Journaliste et rédactrice web avec plus de dix ans d’expérience, Dorothée Pierry a collaboré avec Aide-Sociale.fr de 2017 à 2025. Sa connaissance approfondie des questions juridiques et du dispositif administratif et social en France lui a permis de rédiger 491 articles pour aider les lecteurs à connaître leurs droits et à effectuer leurs démarches.
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