SOMMAIRE
Minimum vieillesse pour les étrangers ou les Français : le cas général
L’allocation de solidarité aux personnes âgées est délivrable, dans le cas général, sous certaines conditions qui concernent :
- L’âge
- Le montant de ressources
- La situation de résidence
L’ASPA est versée par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV). Elle s’adresse aux personnes âgées, françaises ou étrangères, qui remplissent les conditions nécessaires. Ce complément de ressources n’est cependant pas versé automatiquement : il faut faire une demande de minimum vieillesse par le biais d’un dossier à compléter.
À noter : le montant maximal de l’Aspa est fixé chaque 1er janvier et reste constant jusqu’au 31 décembre de la même année. Depuis le 1er janvier 2026, le montant à taux plein s’élève à 1 043,59 € par mois pour une personne seule et à 1 620,18 € pour un couple, quelle que soit la nationalité du demandeur.
ASPA pour les étrangers : les conditions d’éligibilité
Voici, en détail, les conditions d’accès au minimum vieillesse pour les personnes de nationalité étrangère.
À partir de quel âge un étranger peut-il percevoir l’ASPA ?
Concernant l’âge du demandeur, un étranger est susceptible de bénéficier de l’allocation de solidarité à partir de ses 65 ans. Cette limite peut toutefois être abaissée à 62 ans pour certaines catégories :
- La personne qui se trouve en situation de handicap ou d’invalidité avec l’un des profils suivants : incapacité permanente de 50 % minimum, inaptitude au travail avec un taux d’incapacité de 50 %, ou titulaire d’une retraite anticipée liée au handicap
- L’étranger qui est un ancien combattant ou prisonnier de guerre
Plafond de ressources à ne pas dépasser pour bénéficier du minimum vieillesse étranger
Chaque année, un plafond de ressources est fixé pour déterminer qui peut bénéficier de l’ASPA. Les montants sont identiques pour les Français et les étrangers, conformément aux règles publiées sur service-public.fr :
- 1 043,59 € bruts par mois pour une personne vivant seule, qu’elle soit célibataire, divorcée, veuve ou séparée, soit 12 523,14 € bruts par an
- 1 620,18 € bruts pour un couple (mariage, pacs, concubinage), soit 19 442,21 € bruts par an
Ces montants correspondent à l’ASPA à taux plein. Si les revenus de votre foyer dépassent ces plafonds, vous ne pourrez pas percevoir l’allocation. Pour un détail complet des règles de calcul propres aux couples, quelle que soit leur nationalité, consultez notre article sur le montant de l’ASPA pour un couple.
Les plafonds étant identiques pour tous, une simulation ASPA gratuite donne une première estimation, sous réserve des conditions de séjour.
À noter : pour les veuves de guerre, le plafond de ressources applicable est différent.
La période d’étude des ressources : de quand à quand ?
L’évaluation des ressources se fait sur la période de trois mois précédant le point de départ de l’ASPA*. Si vos ressources dépassent les montants autorisés sur cette période, l’étude s’opère alors sur les 12 mois précédents.
*Point de départ de l’Aspa : c’est le 1er jour du mois qui suit votre demande. Ainsi, une demande enregistrée le 18 juillet 2026 correspond à une mise en route de l’ASPA au 1er août 2026 : les ressources prises en compte sont alors celles de mai, juin et juillet 2026. Pour une étude sur un an, cela concerne les revenus entre le 1er août 2025 et le 31 juillet 2026. Entre le dépôt de la demande et le premier paiement, il faut ensuite compter le temps d’instruction du dossier : découvrez combien de temps attendre avant le premier versement de l’ASPA.
Les conditions liées à la résidence pour les étrangers
Une personne qui remplit les conditions d’âge et de ressources peut prétendre à l’ASPA si elle réside sur le territoire français de manière stable, soit dans l’une des situations suivantes :
- Votre lieu d’habitation habituel se situe en France et cette résidence présente un caractère permanent : au moins 9 mois par an
- Vous séjournez principalement en France, soit plus de neuf mois au cours de l’année concernée par la délivrance de l’ASPA
Les territoires français concernés par une résidence stable sont la France métropolitaine, la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, l’île de la Réunion, Saint-Barthélemy et Saint-Martin.
À noter : vous pouvez justifier de la stabilité de votre résidence en France par tout moyen.
Les conditions d’attribution de l’ASPA pour les étrangers selon la nationalité
Si vous remplissez les conditions d’âge, de revenus et de résidence stable sur le territoire français, vous pouvez bénéficier de l’ASPA dans l’une des situations décrites ci-dessous :
- Vous êtes ressortissant d’un état de l’Espace économique européen (EEE), de Suisse ou du Royaume-Uni
- Vous avez le statut de réfugié
- Vous êtes apatride
- Vous bénéficiez de la protection subsidiaire
- Vous avez combattu pour la France
Ou alors, votre pays figure dans la liste ci-dessous :
Algérie |
Andorre |
Bénin |
Cap-Vert |
République du Congo |
Gabon |
Israël |
Madagascar |
Mali |
Maroc |
Monaco |
Sénégal |
Togo |
Turquie |
Tunisie |
Ces exceptions reposent sur des conventions bilatérales de sécurité sociale signées entre la France et ces pays, qui posent un principe d’égalité de traitement entre leurs ressortissants respectifs. Exemple concret : un ressortissant algérien retraité, arrivé en France depuis seulement 3 ans mais en situation régulière, peut ainsi bénéficier de l’ASPA sans attendre 10 ans, grâce à la convention franco-algérienne de sécurité sociale.
Si votre situation est autre, la détention d’un titre de séjour permettant de travailler est exigée. Vous devez être en possession de ce titre depuis 10 ans au moins, de manière continue.
ASPA étrangers : vos questions fréquentes
Consultez ci-dessous les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur le versement de l’ASPA pour les personnes de nationalité étrangère.
Quels titres de séjour ouvrent droit à l’ASPA ?
Les étrangers doivent détenir une carte de résident, une carte de séjour de longue durée ou un titre équivalent leur permettant de vivre en France de façon permanente. Le statut de réfugié ou d’apatride donne aussi accès à l’ASPA sans cette condition. Sans titre de séjour stable et durable, la demande est en principe refusée.
Combien d’années faut-il avoir vécu en France pour demander l’ASPA ?
En général, il faut avoir détenu un titre de séjour valide de manière continue pendant au moins dix ans. Les citoyens européens, ainsi que les réfugiés, apatrides ou personnes sous protection subsidiaire, n’ont pas besoin d’attendre cette durée pour déposer leur demande.
Un étranger sans titre de séjour régulier peut-il toucher l’ASPA ?
Non. Un étranger en situation irrégulière, sans titre de séjour valide, n’est pas éligible à l’ASPA, quelle que soit son ancienneté de présence en France. La régularité du séjour est une condition impérative, à laquelle seuls les réfugiés et apatrides échappent. Si votre demande a été rejetée pour ce motif, découvrez les recours possibles contre un refus d’ASPA.
Un étranger n’ayant jamais travaillé peut-il toucher une retraite en France ?
Oui, sous conditions : l’ASPA est une allocation de solidarité, non contributive, versée sans exiger de trimestres cotisés. Elle constitue l’une des principales solutions pour toucher une pension même sans avoir travaillé, aux côtés de dispositifs comme l’AVPF ou la pension de réversion.
L’ASPA versée à un étranger est-elle récupérée après son décès ?
Oui, comme pour les ressortissants français, l’ASPA peut être récupérée sur la succession si l’actif net dépasse environ 100 000 €. Une partie des sommes versées peut alors être réclamée par l’État, mais uniquement dans la limite de l’héritage laissé.
Que se passe-t-il si un bénéficiaire étranger quitte la France ?
L’ASPA est réservée aux personnes résidant en France de manière stable et continue. Si le bénéficiaire part vivre à l’étranger, le versement est interrompu. De courts séjours restent possibles, mais un départ prolongé ou définitif entraîne la suppression de l’allocation.
D’autres articles peuvent vous intéresser :
- Quelles sont les dates de paiement de l’ASPA ?
- Quelles sont les ressources prises en compte dans le calcul du minimum vieillesse ?
- Dans quels cas doit-on rembourser l’Aspa ?
- Mon ASPA a été suspendue, que faire ?
- Peut-on cumuler minimum vieillesse et retraite ?
- Quelle est la différence entre le minimum vieillesse et le minimum contributif ?
Crédit photo : © zinkevych / Adobe

Rédactrice sur Aide-Sociale.fr depuis 2018, je mets au service du site une double expertise acquise comme professeure dans l’enseignement spécialisé et élue syndicaliste du personnel. Mon engagement auprès des personnes en situation de vulnérabilité m’a permis de comprendre de l’intérieur les difficultés d’accès aux droits sociaux. J’ai rédigé plus de 185 articles pour rendre les démarches administratives accessibles à tous.
Vous voulez partager votre expérience ?


