Peut-on toucher une pension de réversion divorce après le décès d’un ex-époux ? La réponse est oui. Le divorce ne rompt pas les droits à la solidarité matrimoniale : vous pouvez percevoir une fraction de la retraite du défunt, même s’il s’était remarié. En 2026, l’attribution de la pension de réversion reste soumise à des conditions d’âge (55 ans minimum) et de ressources (25 001,60 € par an pour une personne seule). Le montant correspond généralement à 54 % de la retraite du défunt, partagé au prorata de la durée de chaque mariage.

Découvrez dans ce guide complet les nouveaux plafonds 2026, le calcul détaillé en cas de mariages multiples et les démarches pour obtenir votre dû.



Pension de réversion et divorce : les fondamentaux juridiques en 2026

Le décès d’un ex-conjoint ouvre un droit à une fraction de sa retraite, appelée pension de réversion. Contrairement à une idée reçue, le divorce n’annule pas ce droit. Le droit français considère que le mariage crée un lien de protection sociale qui perdure au-delà de la séparation de corps.

En 2026, il est primordial de distinguer le mariage des autres formes d’union. Seul le mariage civil ouvre droit à la réversion. Si vous étiez en PACS ou en concubinage avec le défunt, aucun droit ne vous sera accordé, quelle que soit la durée de vie commune ou la présence d’enfants. En revanche, si vous étiez marié puis divorcé, vous êtes considéré comme un “conjoint survivant” au même titre qu’une veuve ou un veuf non divorcé.

Note sur la réforme des retraites : Depuis la mise en œuvre de la réforme de 2023, les conditions d’âge pour la retraite de base ont évolué pour les assurés, mais l’âge d’accès à la réversion pour les conjoints survivants et divorcés reste fixé à 55 ans dans le régime général. Si vous avez moins de 55 ans au moment du décès, vous ne pouvez pas encore prétendre à la réversion, mais vous pouvez tester votre éligibilité à l’Allocation veuvage.

 

Quelles sont les conditions de ressources pour 2026 ?

C’est l’étape cruciale où la majorité des dossiers sont acceptés ou rejetés. Pour le régime général (CNAV), la pension de réversion divorce n’est pas un droit inconditionnel : elle est soumise à un examen rigoureux de votre niveau de vie.

 

Le plafond de ressources : les seuils à ne pas dépasser

L’Assurance Retraite vérifie que vos ressources personnelles (ou celles de votre nouveau ménage) ne dépassent pas les plafonds légaux. En 2026, suite à l’indexation sur l’inflation, les montants sont les suivants :

Situation familiale du bénéficiaire Plafond de ressources annuelles pour 2026 Plafond de ressources trimestriels
Personne seule (divorcée, veuve, célibataire) 25 001,60 € 6 250,40 €
En couple (remariage, PACS, concubinage) 40 002,56 € 10 000,64 €

Ce qu’il faut retenir sur ces montants :

Si vos ressources, additionnées à la pension de réversion calculée, dépassent ces plafonds, votre pension sera réduite à hauteur du dépassement (on appelle cela l’écrêtement). Par exemple, si vous dépassez le plafond de 50 € par mois, votre pension de réversion sera amputée de 50 €.

Important : Une fois que vous avez liquidé toutes vos retraites personnelles et atteint l’âge du taux plein (67 ans), le montant de votre pension de réversion devient définitif et ne pourra plus être révisé, même si vos revenus augmentent par la suite.

 

Quels revenus sont pris en compte (et lesquels sont exclus) ?

L’étude de vos ressources porte prioritairement sur les 3 mois civils précédant la date d’effet de votre pension. C’est ce qu’on appelle l’examen trimestriel. Si vous dépassez le seuil sur cette période, la caisse effectue alors un examen sur les 12 derniers mois, ce qui peut vous être plus favorable.

Les revenus pris en compte incluent :

    • Revenus d’activité : si vous travaillez encore, vous bénéficiez d’un abattement de 30 % sur vos salaires bruts (si vous avez plus de 55 ans). Cela signifie que seuls 70 % de vos revenus comptent pour le plafond.
    • Pensions de retraite : toutes vos retraites personnelles (base et complémentaire) sont incluses.
    • Le patrimoine immobilier et financier (Forfait de 3 %) : vos résidences secondaires, biens loués ou placements (Livret A, assurance-vie) sont convertis en revenus théoriques. On estime qu’ils vous rapportent 3 % de leur valeur vénale par an.
    • Attention (Point de vigilance) : Ce forfait de 3 % ne s’applique que sur les biens qui ne vous rapportent pas de revenus réels. Si vous louez un appartement, la caisse de retraite retiendra le montant de vos loyers et n’appliquera pas le forfait. On ne cumule jamais les deux.
    • Important : votre résidence principale n’est jamais prise en compte dans ce calcul.

Les revenus exclus : bonne nouvelle, certaines aides ne comptent pas dans le calcul, comme l’Allocation Logement (APL), le RSA, ou encore la majoration pour tierce personne.

 

Quel est le montant de la pension de réversion après un divorce en 2026 ?

Le calcul de la pension de réversion divorce repose sur une règle de base simple : vous avez droit à 54 % de la retraite que percevait (ou aurait dû percevoir) votre ex-époux au régime général. Toutefois, ce montant théorique est strictement encadré par des seuils minimaux et maximaux réévalués chaque année au 1er janvier pour coller à l’inflation.

Montant minimum et maximum : les planchers officiels 2026

Si la retraite de votre ex-conjoint était modeste, l’Assurance Retraite garantit un montant minimum pour protéger le niveau de vie de l’ex-conjoint. À l’inverse, pour les carrières à hauts revenus, la pension est plafonnée par la loi.

Nature du montant (Régime de base) Valeur officielle 2026
Montant minimum annuel (60 trimestres cotisés) 4 019,13 €
Montant maximum annuel (hors majorations) 12 664,32 €

Précision importante sur le minimum : Ce montant de 4 019,13 € n’est intégral que si votre ex-conjoint a cotisé au moins 60 trimestres (soit 15 ans) au régime général. S’il a validé moins de 15 ans, le montant minimum sera réduit proportionnellement à sa durée d’assurance. Par exemple, avec 30 trimestres validés, vous ne percevrez que 50 % de ce minimum garanti.

 

Les 3 majorations pour booster votre pension

Il est possible d’augmenter le montant de votre pension grâce à des bonus légaux. Ces majorations sont souvent méconnues des bénéficiaires divorcés, alors qu’elles peuvent représenter un complément financier non négligeable.

Type de majoration Montant ou Taux Condition
Majoration familiale + 10% Avoir élevé 3 enfants ou plus
Majoration pour enfant à charge 113,59 €/mois Enfant < 18 ans (ou 25 ans si étudiant)
Majoration de 11% + 11,1% du montant Cumul retraites < 1 006,69 € /mois ou 3 020,07 € /trimestre

Zoom sur la majoration de 11,1 % : cette aide, aussi appelée “bonification”, s’adresse aux retraités ayant de faibles revenus globaux. Pour y prétendre, vous devez avoir atteint l’âge du taux plein automatique (67 ans) et avoir liquidé l’ensemble de vos droits à la retraite. Si le cumul de vos propres pensions et de votre réversion est inférieur à 1 006,69 € par mois, la majoration de 11,1 % s’applique (dans la limite de ce plafond de 1 006,69 €).

La majoration pour enfant à charge : notez que cette aide forfaitaire de 113,59 € par mois s’arrête dès que vous liquidez votre propre retraite de base ou que vous atteignez l’âge légal de départ. Elle est spécifiquement conçue pour soutenir les ex-conjoints qui n’ont pas encore leurs propres droits à la retraite.

Conseil d’expert : ces majorations sont cumulables entre elles si vous remplissez les conditions pour chacune. Pensez à vérifier votre relevé de paiement, car certaines (comme la majoration familiale) ne sont pas toujours appliquées automatiquement après un divorce.

Au-delà de vos propres droits, n’oubliez pas de vérifier les droits à la réversion pour les enfants orphelins qui peuvent compléter le soutien familial.

icone info

 

Répartition au prorata : quand l’ex-conjoint s’est remarié

Le partage de la pension de réversion après divorce est souvent source d’inquiétudes. Si votre ex-conjoint a contracté plusieurs mariages au cours de sa vie, la pension n’est pas versée intégralement au dernier conjoint. Elle est divisée entre l’époux survivant et le ou les ex-époux divorcés.

La loi ne favorise pas le dernier conjoint, mais celui qui a été marié le plus longtemps, selon la règle du prorata temporis (durée de chaque union par rapport à la durée totale des mariages).

Simulation de calcul :

Supposons une pension de réversion totale de 600 € :

    • Premier mariage (avec vous) : 25 ans.
    • Deuxième mariage (avec Mme X) : 5 ans.
    • Durée totale mariée : 30 ans.
    • Votre part sera de (25 / 30) x 600 = 500 €. Mme X recevra (5 / 30) x 600 = 100 €.

 

Cas particulier : que devient la part d’un bénéficiaire s’il décède ?

C’est une nuance cruciale pour votre budget à long terme. Si votre “rival(e)” décède à son tour, le sort de sa part dépend du régime de retraite :

    • Dans le régime général (salariés du privé) : sa part vous est reversée. On dit que la pension est “recristallisée”. Dans notre exemple, si Mme X décède, vous récupérerez ses 100 €, portant votre pension à 600 € (100 % de la réversion).
    • Dans la fonction publique : la part de l’ex-conjoint décédé est supprimée. Elle ne vient jamais accroître la part du survivant.

Note : Pour bénéficier de ce reversement dans le privé, vous devez parfois en faire la demande expresse à la caisse de retraite en fournissant l’acte de décès de l’autre bénéficiaire.

 

Spécificités selon le régime de retraite : ne commettez pas d’erreur

L’erreur classique est de croire que les règles de la pension de réversion divorce sont universelles. En réalité, selon que votre ex-conjoint était salarié, fonctionnaire ou indépendant, les conditions d’attribution peuvent radicalement changer. Voici les points de vigilance par régime.

1. La Fonction Publique (SRE, CNRACL)

Le régime des agents de l’État et des collectivités est très spécifique. Contrairement au secteur privé, il n’existe aucune condition de ressources pour percevoir la réversion. Cependant, deux contraintes majeures s’appliquent :

    • La condition de “non-couple” : le remariage, mais aussi le PACS et le concubinage notoire, suppriment définitivement votre droit à la réversion. Si vous refaites votre vie après le divorce, vous perdez la pension.
    • La durée du mariage : pour ouvrir droit à la réversion, le mariage doit avoir duré au moins 4 ans, ou avoir été célébré 2 ans avant la mise à la retraite du défunt. Cette condition tombe si un enfant est né de cette union.

    Contact : toutes les infos pour contacter le CNRACL

2. Le régime complémentaire Agirc-Arrco

Pour les anciens salariés du privé, la retraite complémentaire représente souvent une part importante du revenu global. Ici, le taux n’est pas de 54 % mais de 60 % de la retraite du défunt.

    • Âge : 55 ans minimum.
    • Le piège du remariage : attention, tout remariage de votre part (même après le décès) annule définitivement vos droits à la réversion Agirc-Arrco. Même si vous divorcez à nouveau, vous ne pourrez pas récupérer ce droit.
    • La subtilité du PACS : contrairement à la fonction publique, l’Agirc-Arrco ne considère pas le PACS ou le concubinage comme un remariage. Vous pouvez donc être pacsé et toucher cette pension complémentaire.

    Contact : toutes les infos pour contacter l’Agirc-Arrco

3. Les Indépendants et Libéraux (RCI, CIPAV)

Si votre ex-conjoint était artisan, commerçant ou auto-entrepreneur, les règles du régime de base sont désormais alignées sur celles des salariés (CNAV). Toutefois, pour la Retraite Complémentaire des Indépendants (RCI), une condition supplémentaire s’ajoute : vous devez avoir été marié au moins 2 ans (sauf si un enfant est né de l’union) pour prétendre à la réversion.

4. L’Ircantec (Contractuels de la fonction publique)

Ce régime hybride concerne les anciens agents non-titulaires. Il exige d’avoir 50 ans (sous conditions) ou 55 ans et, comme pour l’Agirc-Arrco, le remariage est un motif d’exclusion définitive. Le taux de réversion y est de 50 %.

Contact : toutes les infos pour contacter l’Ircantec

Bon à savoir : si votre ex-conjoint a eu une carrière “multirégime” (ex: d’abord salarié puis fonctionnaire), vous devrez déposer des demandes auprès de chaque caisse. La centralisation sur info-retraite.fr facilite grandement cette étape en 2026.

icone info

 

Comment effectuer sa demande : étapes, délais et pièges à éviter

La pension de réversion divorce n’est jamais versée automatiquement. Même si l’administration est informée du décès, c’est au bénéficiaire d’engager la démarche. En 2026, le délai moyen de traitement constaté est de 4 à 6 mois. Il est donc conseillé d’agir vite.

Où et quand déposer votre dossier ?

Pour ne pas perdre de droits, le plus simple est d’utiliser le portail unique info-retraite.fr. Grâce au service “Demander ma retraite de réversion”, vous ne remplissez qu’un seul formulaire pour tous les régimes (base et complémentaire).

Attention au délai de rétroactivité : vous disposez d’un délai de 12 mois suivant le décès pour déposer votre demande. Si vous respectez ce délai, le versement sera rétroactif au premier jour du mois suivant le décès. Si vous dépassez un an, la pension ne sera versée qu’à partir du premier jour du mois suivant votre dépôt de dossier, sans rattrapage possible.

icone info

La check-list complète des documents indispensables

Un dossier incomplet est la première cause de retard. Assurez-vous de scanner ou de photocopier les pièces suivantes :

    • L’acte de naissance du défunt : ll doit s’agir d’une copie intégrale datant de moins de 3 mois, comportant impérativement les mentions marginales du divorce.
    • Le livret de famille : prévoyez la copie de toutes les pages renseignées (les deux faces).
    • Le jugement de divorce : bien que l’acte de naissance suffise souvent, le jugement complet peut être exigé si des clauses spécifiques sur la prestation compensatoire impactent vos droits.
    • Justificatifs de revenus : votre dernier avis d’imposition (recto-verso) ainsi que vos bulletins de salaire si vous êtes encore en activité.
    • Un RIB personnel : le compte bancaire doit être ouvert à votre nom actuel (attention aux noms d’usage vs noms de jeune fille).

Que faire si vous n’avez plus les documents de votre ex-conjoint ?

Après un divorce, il est fréquent de ne plus avoir accès aux documents administratifs de l’ex-époux. Dans ce cas, n’hésitez pas à contacter le notaire en charge de la succession. Il est légalement habilité à vous transmettre les informations nécessaires sur les caisses de retraite du défunt et peut vous aider à obtenir les actes officiels. Pour en savoir plus, vous pouvez consultez notre article sur les frais de notaire pour une succession.

 

Questions fréquentes sur la pension de réversion après divorce

Peut-on toucher la réversion si l’ex-conjoint n’était pas encore retraité ?

Oui. Si votre ex-conjoint décède alors qu’il était encore en activité (salarié ou indépendant), vous avez droit à la réversion dès lors qu’il a cotisé au moins un trimestre. Le montant sera calculé sur la base des droits qu’il avait déjà acquis au jour de son décès. La condition d’âge de 55 ans reste toutefois obligatoire pour vous.

Le divorce par consentement mutuel change-t-il quelque chose aux droits ?

Non. Quel que soit le motif ou la forme du divorce (consentement mutuel, faute, altération du lien conjugal), vos droits sont identiques. Seule la durée totale du mariage, telle qu’elle figure sur l’acte de naissance avec les mentions marginales, est utilisée pour calculer votre part au prorata.

J’ai perçu une prestation compensatoire, puis-je quand même avoir la réversion ?

Oui. La prestation compensatoire versée au moment du divorce et la pension de réversion sont deux dispositifs totalement indépendants. Avoir reçu un capital ou une rente lors du divorce ne vous prive en aucun cas de votre droit à la réversion au décès de votre ex-époux.

Que se passe-t-il si je me remarie après avoir commencé à toucher la pension ?

Cela dépend des régimes. Au régime général (salariés du privé), vous conservez votre pension, mais vos nouveaux revenus de couple peuvent réduire son montant (mécanisme d’écrêtement). En revanche, dans la fonction publique et pour le régime Agirc-Arrco, tout remariage entraîne la suppression définitive et immédiate de votre pension de réversion.

Mon ex-conjoint est décédé à l’étranger, comment faire ?

La pension française peut être versée partout dans le monde. Vous devrez fournir un acte de décès international ou traduit par un traducteur assermenté. Pour faciliter les démarches, il est recommandé d’utiliser le portail en ligne info-retraite.fr qui gère les dossiers internationaux.

Peut-on toucher la réversion de plusieurs ex-conjoints ?

Oui, il est possible de cumuler les pensions de réversion de plusieurs ex-conjoints décédés si vous remplissez les conditions pour chacun d’eux. Attention toutefois au plafond de ressources du régime général : le total de vos revenus personnels et de toutes vos pensions de réversion ne doit pas dépasser les seuils légaux de 2026.

Sources officielles et ressources utiles

Pour approfondir vos recherches ou lancer vos démarches, voici les plateformes de référence mises à jour en 2026 :

    • Service-Public.fr : La fiche complète sur la pension de réversion du régime général (plafonds, conditions et simulateur).
    • Info-Retraite.fr : Le portail unique pour effectuer votre demande en ligne auprès de tous vos régimes (base et complémentaire).
    • L’Assurance Retraite (CNAV) : Le site de référence pour les anciens salariés du secteur privé et les travailleurs indépendants.
    • Agirc-Arrco : Toutes les règles spécifiques à la retraite complémentaire des salariés, notamment sur l’impact du remariage.
    • Retraites de l’État (SRE) : Pour consulter les conditions spécifiques aux anciens fonctionnaires et agents de la fonction publique.


Crédit photo : © fizkes / Adobe – Article mis à jour le 21 janvier 2026. 


Vous voulez partager votre expérience ?

Notre forum est là pour ça !
Autres articles intéressants
Simulateur prime activite
newsletter Inscrivez-vous à notre NEWSLETTER pour vous tenir informé de toutes les nouvelles aides

À quelles aides
avez-vous droit ?